Bruno Gollnisch : « Je crois en ma victoire »

Bruno Gollnisch affronte Marine Le Pen dans la course à la présidence du FN, qui s’achèvera au congrès du Front national, les 15 et 16 janvier à Tours. 

Le Point.fr : Dans l’agenda du FN, il n’y en a que pour Marine Le Pen. Les jeux sont déjà faits ?

Bruno Gollnisch : Tout reste ouvert ! Je crois en ma victoire. Jean-Marie Le Pen me souhaite de faire un bon résultat au congrès de Tours. Mais je crois pouvoir faire un score légèrement supérieur à celui de Marine ! Je pense que le scrutin sera assez serré. Et si mes chances sont obérées par quelque chose, ce n’est pas par la décision de Jean-Marie Le Pen de soutenir Marine mais par l’attitude extrêmement partiale d’un certain nombre de médias. Ces derniers rapportent une compétition parfois jusqu’à omettre de mentionner l’existence de l’autre challenger ! Ma candidature est boycottée par certains médias français alors que plusieurs médias étrangers – suisse, russe, japonais etc. – s’y intéressent.

Selon vous, quels facteurs détermineront le résultat de l’élection ?

La présence médiatique de Marine Le Pen a dû provoquer quelque 2.000 adhésions avant le vote pour la présidence du FN. Ce n’est pas un raz-de-marée mais cela peut faire la différence. Cela dit, je ne suis pas en reste : ces derniers mois, j’ai parcouru 45.000 kilomètres en tenant entre une et trois réunions par jour devant des auditoires qui variaient entre 50 et 500 personnes.

À mon sens, les adhérents du FN vont se prononcer en faveur de cinq critères. Ils vont choisir le plus apte à : passer dans les médias, recueillir le plus grand nombre de suffrages lors des élections – notamment la présidentielle – conduire notre famille politique et en élargir l’audience, maintenir l’unité dans une formation qui a souffert de divisions et de scissions et, enfin, maintenir contre vents et tempête le cap des convictions dont nous sommes porteurs. Je pense avoir l’avantage sur Marine Le Pen sur les trois derniers points. 

Quel bilan tirez-vous de cette campagne interne ?

Elle a eu un léger effet négatif. Il est regrettable qu’il n’y ait eu que deux candidats à la présidence du FN. Il en aurait peut-être fallu trois ou quatre. Cette rivalité induit forcément des coalitions et des conflits. Mais il y a aussi un aspect très positif. Notre formation politique – qui ne reposait que sur Jean-Marie Le Pen, un personnage extraordinairement charismatique dont l’autorité était légitimement incontestée – a été capable d’organiser une compétition interne. Cela prouve que Jean-Marie Le Pen a réussi à créer un mouvement durable. 

Quel est votre état d’esprit à la veille du congrès ?

Ma zénitude atteint sa plénitude. J’ai la satisfaction du devoir accompli. Aujourd’hui, j’ai un sentiment d’intense bonheur moral alors que, lors de cette campagne, je me sentais parfois un peu isolé. Voir à l’échelon local et dans mon équipe de campagne une véritable affection pour ma personne m’a beaucoup touché. Si je ne suis pas élu, mon grand regret sera que la déception des militants sera plus forte que la mienne. Mais contrairement à ce que disait Jean-Marie Le Pen, j’ai la tchatche et j’ai la niaque ! Alors si je suis élu, tant mieux ! Mais si je ne le suis pas, je ne demanderai pas de lot de consolation à Marine. Je suis déjà conseiller régional et député européen, je n’ai pas besoin de hochet !

Propos recueillis par SÉGOLÈNE GROS DE LARQUIER dans Le Point.fr

Quand nos jeunes s’investissent dans les élections …

À seulement 21 ans, cet étudiant dans une école d’ingénieur de simulation mécanique vit à Bordeaux et milite au FNJ (Front national jeunes). Gonzague Malherbe portera les couleurs du parti aux élections cantonales de mars à Monségur.

Le Front national espère sans doute tirer un bon score sur un canton où l’UMP dans le cadre d’un accord départemental devrait finalement s’effacer devant un candidat du Modem, pour ferrailler sur les terres du tenant du titre le socialiste Bernard Dussaut. Le jeune frontiste sait qu’il ne joue pas une partie facile sur un territoire qu’il découvre, originaire de Paris ; son arrivée en Gironde il y a trois ans coïncide pratiquement avec son engagement en politique. Il admire la culture et le charisme de Bruno Gollnisch : « Disons que je suis plutôt d’accord avec la droite. À l’UMP, ils font de beaux discours mais, ils ne sont pas suivis d’actes. Rien n’est fait pour améliorer le pouvoir d’achat, ni le chômage. Quant au Parti socialiste, ils n’ont pas fondamentalement envie de redresser le pays et sont davantage préoccupés par des intérêts personnels. »

Préférence nationale
Bien sûr, Gonzague Malherbe s’inscrit dans les grandes lignes d’un parti qui accorde la préférence nationale : « Ce n’est pas pour attiser la haine de l’étranger. Dans une situation qui conduit notre pays à la ruine, commençons par nous reconstruire nous-même, avant de prétendre vouloir aider les autres. »

Et sur une élection locale destinée au Conseil général, le candidat entend décliner sa vision d’une ligne du programme national : « Il y a un gaspillage énorme en matière de dépense publique. Il faut tout faire pour réduire ces charges, dont on ne nous donne ni le détail, ni l’explication. Moi, je m’intéresse davantage à la défense de nos emplois, de nos retraites et de l’agriculture française. »

Quant à la réforme territoriale : « C’est une arnaque électorale de notre gouvernement. Comme avec la proportionnelle et malgré les bons scores que nous avons enregistrés aux régionales, tout est fait pour faire disparaître le Front national à l’échelon local. »

Sud Ouest

Bruno Gollnisch : « la polémique ne doit pas inciter à construire plus de mosquées »

Bruno Gollnisch, candidat à la présidence du FN, a estimé qu’il ne fallait pas « prendre prétexte » de la polémique suscitée par une comparaison de sa rivale Marine Le Pen entre les prières de musulmans dans les rues et l’ »occupation » allemande « pour construire encore plus de mosquées ».

Interrogé sur la polémique, il a déclaré sur i-TELE : « Il ne faudrait quand même pas que les propos de Marine Le Pen servent de prétexte pour construire encore plus de mosquées, d’autant plus qu’en réalité ce n’est pas le problème« .

« Il s’est construit des centaines de mosquées récemment en France et ceux qui prient dans la rue ont une volonté ostentatoire qui ne résulte pas de l’étroitesse de la mosquée« , a-t-il ajouté.

« Il y a trop d’immigration africaine et musulmane en France. C’est ça le problème« , a poursuivi le chef de file du Front national en Rhône-Alpes.

« Si vous faites venir les gens, bien sûr ils demanderont à pratiquer leur religion« , et « plus progressivement, comme c’est une colonisation de peuplement, ils imposeront leur moeurs, leurs pratiques, leurs coutumes au voisinage. C’est ce qui se passe« , a-t-il ajouté.

« Moi, a encore dit M. Gollnisch, je suis pour l’inversion de ce courant. Quand on prend la question par le petit bout de la lorgnette, c’est-à-dire la liberté du culte, eh bien ! on se plante complètement« .

En outre, Bruno Gollnisch préconise que l’on demande la « réciprocité sur le plan international. En Arabie Saoudite, par exemple, où il y a des millions de chrétiens, on ne peut pas construire la plus petite chapelle« , a expliqué l’élu régional.

« Et puis, efforçons nous d’inverser le courant de cette immigration !« , a-t-il insisté. « La plupart des gens qui sont ici maintenant sont venus sans contrat de travail. Je trouve qu’ils sont trop nombreux« , a-t-il conclu.

Dépêche AFP

Bruno Gollnisch : « La diabolisation ne vient pas de ce que nous disons, mais des diabolisateurs. »

Bruno Gollnisch, qui n’a pas renoncé à l’idée de coiffer Marine Le Pen sur le poteau et de devenir en janvier le nouveau président du FN, n’est pas du tout choqué par les propos qu’a tenus vendredi à Lyon sa rivale. Il pense la même chose, mais l’aurait dit autrement.

France-Soir : Vendredi à Lyon, Marine Le Pen a établi un parallèle – qui en a scandalisé plus d’un – entre l’occupation allemande et la prière d’un certain nombre de musulmans en France dans les rues. Certains disent qu’elle a choisi de vous imiter car, jusqu’ici, vous lui reprochiez un discours trop « soft » !
Bruno Gollnisch :
 Elle m’imiterait ? Pas du tout !… Son « dérapage », comme le qualifient les journalistes, n’était absolument pas calculé. Simplement, à un moment donné, le « politiquement correct » finit forcément par vous échapper.

F.-S. Vraiment, elle ne vous a pas surpris ?
B. G.
Disons que je m’étonne quand même un peu de ces propos-là, elle qui m’avait récemment reproché mes amitiés révisonnistes « avec des obsédés de la Shoah ».

F.-S. Alors, c’est une petite victoire pour vous ?
B. G. Cela montre, en tout cas, toutes les limites de sa stratégie de la « dédiabolisation ». Une stratégie que je n’ai cessé de dénoncer et qui est clairement vouée à l’échec. Ce qui arrive est la preuve que cela ne sert à rien de donner des gages au système. Plus on en donne, plus le système exige que vous courbiez la tête, puis l’échine, puis que vous vous mettiez à plat ventre. Le moindre propos qui n’est pas dans la ligne est immédiatement perçu comme un dérapage inacceptable. Pour moi, la diabolisation ne vient pas de ce que nous disons, mais des diabolisateurs.

F.-S. Auriez-vous employé les mêmes termes que Marine Le Pen puisqu’on sait que vous êtes, sur le fond, d’accord avec elle ?
B. G.
Peut-être pas. Le terme d’« occupation » n’est pas le plus approprié. Je parlerai personnellement plutôt de colonisation progressive. Je rappelle, au passage, que l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing avait carrément parlé en 1978 d’« invasion » ! A l’époque, tout le monde avait crié au scandale. Aujourd’hui, qui s’en rappelle ? Qui lui donnerait tort ?

France Soir

Bruno Gollnisch : « le terme d’occupation n’est pas le plus approprié »

France-Soir : Auriez-vous employé les mêmes termes que Marine Le Pen puisqu’on sait que vous êtes, sur le fond, d’accord avec elle?

Bruno Gollnisch : Le terme d’ « occupation » n’est pas le plus approprié. Je parlerai personnellement plutôt de colonisation progressive. Je rappelle, au passage, que l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing avait carrément parlé en 1978 d’ « invasion » ! A l’époque, tout le monde avait crié au scandale. Aujourd’hui, qui s’en rappelle ? Qui lui donnerait tort ?

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Bruno Gollnisch : « J’ai la stature d’un homme d’Etat »

Un dispositif impressionnant de sécurité empêchait hier tout accès au très beau château de Magneux-Haute-Rive. Et il fallait montrer une invitation aux gendarmes pour prendre la petite route qui conduit à la noble demeure, où Bruno Gollnisch devait tenir une réunion privée devant les sympathisants et adhérents du Front National. Et hier, Bruno Gollnisch était bien en campagne. En campagne pour remporter la présidence du FN, pour laquelle il est candidat face à Marine Le Pen.

Conscient qu’il part avec un double handicap (Marine Le Pen a le soutien de son père Jean-Marie Le Pen et bénéficie d’une plus forte audience médiatique, notamment à la TV), Bruno Gollnisch s’est attaché à démontrer qu’il avait incontestablement les épaules plus larges pour « rassembler et élargir notre famille » sur l’aile droite comme sur l’aile gauche du parti, citant entre autre le nom de Gérard de Villiers, dont les amis « se rallieraient volontiers à ma candidature ».

Sans compter les déçus du sarkozisme, « lorsque l’UMP, dont on voit déjà les fissures, volera en éclats et explosera après l’échec de Sarkozy ». Avocat international, professeur d’université, polyglotte, spécialiste des civilisations orientales, Bruno Gollnisch ne craint pas la comparaison avec Marine Le Pen quand on évoque avec lui l’échéance capitale de 2012. Ni d’ailleurs avec les autres prétendants à la présidence de la République, dont il semble trop bien connaître les limites et les capacités…

Alors, hier, Bruno Gollnisch est d’abord venu défendre sa candidature pour la présidence du FN, avec un seul objectif : « Sortir notre pays de l’ornière ».

En présence des trois conseillers régionaux, Charles Perrot, Sophie Robert et Gabriel de Peyrecave, Bruno Gollnisch a une nouvelle fois décliné ses valeurs et ses thèmes de campagne pour « redonner vie à l’identité française, à l’activité française » ou encore « protéger la vie des Français ».

Ce qu’il appelle son « combat français », rappelant au passage « toute l’estime, l’admiration et l’affection » qu’il voue à Jean-Marie Le Pen.

Hier, Bruno Gollnisch s’est montré combatif pour remporter cette première manche, « ne doutant pas un seul instant de la victoire ».

Frédéric Paillas,
Le Progrès

Bruno Gollnisch à Annecy: « Je suis le candidat anti-système »

Bruno Gollnisch, député européen, était hier soir à Annecy pour présenter sa candidature à la présidence du Front National aux côtés de Marie Favre et Joëlle Regairaz, conseillères régionales. Dominique Martin, conseiller régional, secrétaire national au FN – et qui soutient Marine Le Pen -, était là aussi. « C’est une compétition interne, ce n’est pas la guerre… Et j’ai hâte que cela se termine » devait-il préciser en souriant à Bruno Gollnisch.

Ce dernier s’est présenté comme le candidat « anti-système ». Il faut entendre par là « anti-système médiatico-politique », dont Marine Le Pen fait maintenant partie. « France Télévisions lui a consacré une émission entière avec sept tribunes successives (NDLR : “A vous de juger”) et a décidé de ne pas me donner la parole. » Bruno Gollnisch a aussi regretté les propos de Marine Le Pen mettant en avant les groupuscules d’extrême droite qu’il aurait l’intention de récupérer. « Ce sont les mêmes arguments que l’on utilisait contre son père. Mon ambition est seulement de faire revenir au FN ceux qui sont partis comme Carl Lang. Je veux aussi rassembler au-delà de la famille FN en élargissant notamment du côté des “villiéristes” et des “chevènementistes. » Enfin, Bruno Gollnisch a présenté un programme somme toute classique au FN : protection des frontières, expulsions des délinquants étrangers et suppression de l’empilement des strates administratives.

Le Dauphiné

Bruno Gollnisch, tribun

Assez en verve, bien qu’apparemment fatigué par une campagne où il approche les 70 déplacements depuis septembre, M. Gollnisch a su faire jouer ses talents d’orateurs. Ressemblant, à la tribune, de plus en plus à Jean-Marie Le Pen, le vice-président du FN a délivré un discours citant… Martin Luther King. “J’ai fait un rêve. I have a dream “ a déclaré M. Gollnisch au micro. “Celui que le Front national avait gagné toutes les élections”, grâce aux “conservateurs attachés aux valeurs traditionnelles” venant de chez Philippe de Villiers et “aux électeurs de la gauche souverainistes et patriotes” qui auraient rejoint le parti d’extrême droite.

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Bruno Gollnisch décrit sa France rêvée

Pour ce meeting parisien, il avait choisi une discothèque, le Back-Up (XVe), où Marine Le Pen était déjà passée en novembre. Candidat à la présidence du Front national, Bruno Gollnisch n’a pas lésiné sur les symboles, mardi soir, devant ses sympathisants. 

Plagiant un célèbre discours de Martin Luther King, il s’est imaginé au pouvoir.

«Cette nuit (…) j’ai fait un rêve. I have a dream. J’ai rêvé que le Front national avait gagné les élections. Toutes les élections», a lancé le vice-président du FN. Il a imaginé que s’étaient agrégés à son parti «les conservateurs attachés aux valeurs traditionnelles», les partisans de Philippe de Villiers et de Jean-Pierre Chevènement, puis des «blocs» de l’UMP .

«La France était de retour, a-t-il ironisé : quantité d’endroits, tels que Clichy-sous-Bois, Villiers-le-Bel, Vaulx-en-Velin… étaient redevenus de pimpants villages» et «beaucoup d’étrangers en étaient repartis (…) le plus grand nombre spontanément dès l’annonce des mesures de préférence nationale».

Une France où Le Pen présiderait le Conseil constitutionnel

Dans cette France rêvée par Bruno Gollnisch, les délinquants étrangers sont renvoyés dans leurs pays par «transports militaires», le code du travail est «divisé par 5» et le code des impôts «par 10», les troupes françaises se retirent de l’Otan et d’Afghanistan, Jean-Marie Le Pen préside le Conseil constitutionnel, et sa fille Marine devient «ministre de l’Intérieur et porte-parole du gouvernement».

«Pour que ce rêve demeure possible, il faut d’abord que le Front national accueille en son sein la famille nationale toute entière», a lancé Bruno Gollnisch. Une critique envers Marine Le Pen, qui est opposée au retour des groupuscules d’extrême-droite au sein du FN. «J’espère tout de même que dans la foulée on n’ira pas jusqu’à stigmatiser les militants de l’anticommunisme ou les défenseurs de l’Algérie française», a osé son rival. Dans la salle figurait notamment Pierre Sidos, leader de l’Oeuvre française, l’une des formations régulièrement visées par Marine Le Pen.

le Parisien

Le meeting de Bruno Gollnisch dans le JDD

FN: Gollnisch lâche ses coups

En meeting à Paris mardi, Bruno Gollnisch a répondu avec véhémence aux attaques de Marine Le Pen, sa rivale pour la présidence du Front national.

« Vraiment, je le sens bien. » Dans le fumoir défraichi du Back Up, une boite de nuit du 15e arrondissement de Paris où le FN a ses habitudes, Bruno Gollnisch s’accorde, l’air satisfait, quelques instants de répit. Mardi, 20 heures, l’éternel lieutenant de Jean-Marie Le Pen vient de se prêter une heure durant au jeu des questions/réponses avec les journalistes. Quelques minutes plus tard, dans des lieux au décor vieillot – « on dirait un bordel de province », ricane un participant – et surtout frigorifique – le chauffage a rendu l’âme – le challenger de Marine Le Pen a livré, devant les militants, un énième discours de candidat à la présidence du FN. Un public qui, pour l’heure, bouchonne à la caisse – l’entrée était payante. L’âge avancé de la majeure partie de l’assistance n’aide pas à la fluidité du trafic. Pas plus que les trois marches à descendre, périlleuses pour quelques cannes, qui permettent d’accéder à « l’orchestre ». Face à celui-ci, l’estrade, sur laquelle se dresse un pupitre encadré d’une dizaine d’imposants drapeaux tricolores.

« On n’est pas au PS », mais…

Surplombant cette salle entièrement boisée et à l’odeur âcre qui, lentement, mais sûrement, se remplit, Bruno Gollnisch savoure cette fin de campagne interne. Face à la presse, il a récité ses gammes. Oui, malgré les Cassandre, il croit dur comme fer à sa victoire contre Marine Le Pen. Et non, il n’a pas « l’intention de faire des trous dans la coque du bateau » si les adhérents du Front ne lui accordent pas leur onction lors du congrès de Tours, où tout se règlera à la mi-janvier. Quant à l’antagonisme qui existerait entre lui et sa rivale, il ne serait qu’ »artificiellement mis en scène » par les médias et à placer sur le compte banal d’ »une compétition électorale ». « On n’est pas au PS », plaisante-t-il, prêchant, bien sûr, pour sa paroisse – il se présente en « rassembleur », à « l’expérience plus diverse que Marine » – mais louant dans le même temps les « très grandes qualités » de son adversaire. Seule amertume, impossible à dissimuler: son déficit médiatique par rapport à la fille du chef frontiste – « Off the record », Bruno Gollnisch se montrera toutefois plus grinçant…

Ode aux « villages pimpants d’antan »

Mais face aux quelque 500 personnes venues l’écouter, l’universitaire ne s’est pas livré à la surenchère, seulement à une mise au point, visiblement mûrement préparée. Déclinant longuement et avec lyrisme sa France « rêvée » – « aux villages pimpants d’antan » et dans laquelle « la préférence nationale » s’appliquerait à tout et partout, jusque « dans les prisons » – l’élu lyonnais a en effet réservé les derniers instants de son laïus à sa réponse aux récentes attaques de son adversaire (*). Non sans délectation. Ainsi, dans son entourage, point « de laïcards extrémistes, de milices ethnico-religieuses ou de satanistes », comme semble le suggérer sa rivale, seulement « des braves gens qui deviennent des gens braves pour la défense de la patrie ». « Je ne vais tout de même pas me défendre du soutien de militants anti-communistes ou de partisans de l’Algérie française! », a poursuivi avec ardeur le chantre du « rassemblement de la famille nationale », clamant haut et fort, sous les applaudissements nourris de l’assistance, que « la dédiabolisation de Marine Le Pen ne doit pas passer pour la diabolisation du Front national! »

(*) A Bordeaux, fin novembre, Marine Le Pen avait dénoncé avec force le retour des « bannis » que préconise Bruno Gollnisch s’il est élu à la tête du FN.  » Nous assistons à une radicalisation de ces groupuscules, au retour de quelques zozos caricaturaux, avait-elle attaqué. Ils sont un boulet pour le parti. Je ne voudrais pas qu’à l’occasion de cette compétition interne, on retombe dans le tunnel sans fin de la diabolisation. »

Nicolas Moscovici,
le JDD

Bruno Gollnisch à Nice-Matin : « L’UMP ne survivra pas à l’échec de Sarkozy »

Bruno Gollnisch était l’invité ce vendredi de la rédaction de Nice-Matin. Celui qui fait figure d’outsider pour prendre la relève de Jean-Marie Le Pen à la tête du Front National, croit toujours à une surprise face à Marine Le Pen. Il a répondu aux questions de nos journalistes. Extraits.

Si vous êtes élu président du FN serez-vous aussi candidat à la présidentielle?
Il y a une différence entre Marine Le Pen et moi sur ce point. Elle se dit déjà en campagne pour l’élection présidentielle. Je suis, pour l’instant, exclusivement candidat à la présidence du Front national. S’il s’avérait qu’elle a davantage de chances que moi pour 2012, je ne me sentirais pas humilié de soutenir sa candidature.

Elle rejette pourtant ce partage des tâches, vous à la présidence du parti, elle à la présidentielle…
J’irai alors, si je suis président du FN, dans la bataille de 2012 sans états d’âme. Je crois que je ne dépareillerai pas dans le panel de candidats qui s’annonce aujourd’hui.

Marine Le Pen récuse des alliances avec les partis traditionnels. Partagez-vous ce point de vue?
Cette position me paraît excessive. Cela me paraît être une surenchère, peut-être pour se démarquer des insinuations qui ont été faites à son sujet. On ne peut pas parler ainsi à l’avance.

En 2012, un accord de second tour est-il envisageable avec l’UMP?
À la présidentielle cela me paraît impossible. Je n’attends rien de l’état-major de l’UMP. La question des alliances suppose que vous ayez un partenaire fiable acceptant de mettre en œuvre au moins une part de votre programme. Après 2012, en revanche, je pense que nous pourrons former un groupe où viendront nous rejoindre les débris de l’UMP, ce conglomérat hétéroclite qui ne survivra pas à l’échec programmé de Nicolas Sarkozy. En revanche, s’il y a des élus locaux ou des blocs qui se détachent de ces formations et souhaitent s’entendre avec nous, pourquoi nous en priverions-nous si cela nous permet d’accéder aux commandes?

Vous voulez transformer l’essai de 1998, ces présidents de Région de droite élus grâce aux voix du FN…
L’opération, dont j’ai été le principal artisan en plein accord avec Jean-Marie Le Pen, a été à deux doigts de réussir. Les états-majors ont resserré les boulons, Jacques Chirac est intervenu publiquement. Si Nicolas Sarkozy échoue, il ne sera plus en mesure d’y faire échec.

Si vous êtes candidat en 2012 quelles seront les grandes lignes de votre programme?
Il faut revenir sur la libre circulation des marchandises, en rétablissant des taxes douanières, face à la concurrence déloyale de pays qui font travailler leur population dans des conditions de quasi-esclavage, ce qui contraint aux délocalisations et crée des faillites. Même remise en cause de la libre circulation des capitaux à cause de laquelle une crise limitée comme celle des subprime a failli créer une banqueroute généralisée en Europe. Il faut enfin encadrer la libre circulation des personnes, synonyme de submersion migratoire.

Êtes-vous toujours favorable à la préférence nationale?
Oui, c’est d’ailleurs la meilleure façon d’arrêter sans violence le flux continu de l’immigration.

Le « oui » des Suisses à l’expulsion des étrangers délinquants : un exemple à suivre?
À double titre. Parce que je suis favorable au référendum d’initiative populaire et parce que je défends l’expulsion des étrangers perturbant gravement l’ordre public. Cela permettra de vider le tiers de nos prisons. En appliquant la déchéance de la nationalité française à l’égard des doubles nationaux naturalisés de fraîche date commettant des crimes ou des délits, on en videra les deux tiers. Ce qui fera de la place pour les voyous bien de chez nous!

Et si c’était Gollnisch ?

Et si c’était Gollnisch ?

Médiatique, désignée par son père, Marine Le Pen est-elle pour autant assurée d’être élue présidente du FN par les militants lors du congrès de Tours en janvier ? Une source proche de Jean-Marie Le Pen affirme que le rapport de forces entre les deux candidat serait en fait « très incertain ». Le recentrage de Marine Le Pen séduirait les électeurs du FN, tandis que la posture traditionnelle de Gollnisch flatte le conservatisme des militants. Si ce dernier l’emportait, celle-là pourrait toutefois être la candidate du FN.  G.L

LE POINT n° 1993 – 25 novembre 2010

Retour en Mayenne

Retour dans cette petite ville de la Mayenne, où les débordements de jeunes de banlieue scolarisés dans le nouvel établissement de réinsertion ont abouti à des expulsions.

Il mange de la brioche et boit du petit-lait. Ce jeudi matin, dans le salon cossu d’une maison prêtée par un particulier, Bruno Gollnisch ne cache pas sa satisfaction. Le vice-président du Front national, en campagne pour la désignation du candidat frontiste, a improvisé la veille une pause à Craon (prononcer Cran), 4700 habitants, petite ville sans histoires de la Mayenne. Du moins jusque-là. Le 9 novembre, une bagarre éclate au collège Volney. L’altercation a tout d’une Guerre des boutons version 2010, sauf qu’elle se déroule entre des élèves de Seine-Saint-Denis (« 9-3″) placés dans le tout nouvel établissement de réinsertion scolaire (ERS) local et des collégiens du cru. Bilan : des injures, quelques baffes, des coups de pied et cinq exclusions. Les enseignants et les parents, déjà rétifs au projet, mettent en avant leur droit de retrait et retirent momentanément leurs enfants de l’établissement. Pour Bruno Gollnisch, l’occasion est trop belle de conclure à une « ratonnade anti-Blancs » et de dénoncer « la racaille subventionnée ». « Les gens de l’Ouest de la France vont enfin comprendre le FN et voir qu’eux aussi paient les conséquences de l’immigration ! » jubile-t-il.

La venue du n° 2 du FN et le dépôt d’affichettes provoc’ dans toutes les boîtes aux lettres de la ville ont surtout servi d’électrochoc aux Craonnais. Appuyé au comptoir du PMU, un habitant lâche du bout des lèvres: « Chez nous, il y a des méchants comme partout, mais nous ne sommes pas racistes ! » Le mot sonne comme une gifle. Ici, en pleine Mayenne angevine et catholique, on est fier de sa tradition d’accueil et de son ouverture d’esprit. « Le soleil brille pour tout le monde, ce ne sont que des gosses », soupire Bernadette, bénévole à la paroisse, en changeant les fleurs de l’église.

Le 11 novembre, le curé a prononcé quelques mots sur les « événements » dans son homélie, en appelant à la paix. Le maire insiste : « Dans mon conseil municipal, il y a autant d’élus de droite que de gauche. Nous avons une vraie tradition centriste », précise Paul Chaineau, élu depuis 1989, sans étiquette. Le tract du Front a selon lui « interpellé, choqué, refroidi, remué ». La ville se réveille avec la gueule de bois. Circulez, y a rien à voir…

Le choc des cultures était pourtant prévisible. Des gamins des cités du « 9-3″ dans un village du « 5-3″ (Mayenne), forcément, ça détonne. A Craon, on salue les gens que l’on croise, y compris les inconnus – qui ne le restent pas bien longtemps.

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Bruno Gollnisch : «La dédiabolisation résulte naturellement du fait que les Français prendront conscience que nous posons les bonnes questions»

Et si Bruno Gollnisch emportait la présidence du FN ?

Les adhérents du Front National vont bientôt devoir élire un nouveau président. Quelle sera l’avenir de la formation qui avait amené son candidat au second tour de l’élection présidentielle de 2002 ? Que l’on partage ou non les idées du Front National, il faut bien reconnaître que ce parti a le vent en poupe. Les adhérents, ainsi que ceux qui prendront leur carte avant la fin du mois de novembre, pourront voter afin de désigner leur futur président. Bruno Gollnisch, vice président du FN et député européen, était l’invité de Yannick Urrien sur Kernews jeudi 18 novembre 2010 dans le magazine de 8h10.

Bruno Gollnisch reconnaît que cette campagne interne doit se faire proprement : «C’est certain, il y a des frictions qui naissent inéluctablement de la dynamique propre à ce genre de compétition, mais je crois que Marine Le Pen et moi-même sommes très conscients qu’il y a beaucoup plus de choses qui nous réunissent, que de choses qui nous séparent. Et nous n’avons pas l’intention de faire des trous dans la coque du bateau de notre concurrent, parce que c’est aussi notre bateau à nous, et si l’on faisait des trous, on se noierait tous… Donc, en dépit de ces petites difficultés, si nous pouvons mener à bien cette étape, nous aurons réussi à faire la preuve que le Front National aura su créer une structure apte à lui survivre et à sécréter, par ses institutions, de nouveaux dirigeants. Cette preuve de maturité sera extrêmement positive pour les Français».

Dans cet entretien, Bruno Gollnisch évoque évidemment ses propositions. D’abord, il est convaincu que la dédiabolisation interviendra naturellement : «Après les manifestations contre les retraites, j’ai revu un certain nombre de braves Lyonnais, la bourgeoisie lyonnaise que je connais, celle qui me disait il y a quelques années : «Vous n’avez pas tort, mais je ne sais pas pourquoi vous me faites un peu peur…» Maintenant, ils ont d’autres motifs de crainte et ils se rendent compte que nous avons raison. Mais il faut encore persuader beaucoup de Français que nous posons les bonnes questions, comme Fabius l’a reconnu, et que nous apportons des réponses concrètes et cohérentes. Par exemple, la sécurité est un problème considérable qui doit être appréhendé de façon ferme par des mesures énergiques, pas dictatoriales, et cela ne se résoudra pas par quelques effets de manche comme le déplacement des camps de Roms ou la déchéance de la nationalité des doubles nationaux qui auront tué un policier ou un gendarme… Étant entendu que s’ils leur ont seulement cassé les jambes ou crevé les yeux, ils restent d’excellents Français…»

Suppression de l’impôt sur les revenus du travail

Sur le plan économique, Bruno Gollnisch se prononce pour la suppression de l’impôt sur les revenus du travail : «Je ne suis pas un démagogue et l’État a besoin d’argent pour payer les fonctionnaires et les investissements qu’il ne fait plus. Il faut taxer les importations qui nous viennent de pays qui sous-payent les ouvriers et qui font une concurrence déloyale aux nôtres. Il faut rétablir les droits de douane. C’est vrai, le tee-shirt importé de Chine, au lieu de coûter 3 euros, coûtera 15 ou 20 euros. Eh bien, on achètera le tee-shirt français et la mère de famille aura au moins, si son mari est dans l’entreprise textile, le bonheur de savoir qu’il n’est pas au chômage». Clairement, il se prononce pour la TVA sociale : «Je suis pour la taxation des importations et je suis pour la taxation des transactions financières spéculatives. En revanche, je suis pour la détaxation complète des revenus du travail. C’est une vraie réforme fiscale. À travers ces mesures, vous divisez par dix le volume du Code général des impôts qui ne cesse d’augmenter. À travers cela, vous redonnez confiance aux Français et vous redonnez de l’énergie à ceux qui travaillent, à ceux qui triment et à ceux qui risquent leur fric».

Kernews (cliquez pour écouter l’émission)

Bruno Gollnisch à Craon

Établissement de réinsertion scolaire de Craon : « déjà un échec total », selon Bruno Gollnisch

Bruno Gollnisch, vice-président du Front national et candidat à la succession de Jean-Marie Le Pen, a tenu une conférence de presse sur la délinquance et l’établissement de réinsertion scolaire, à Craon, ce jeudi matin.

Bruno Gollnisch, vice-président du Front national, a tenu une conférence de presse, ce jeudi matin, à Craon. Selon lui, « cette expérience d’établissement scolaire de réinsertion est un échec total. » Le candidat à la succession de Jean-Marie Le Pen estime que « la responsabilité des parents des élèves de Seine-Saint-Denis est mise en cause. »

Il dénonce un taux d’encadrement élevé pour les neuf élèves restants et appelle à mettre « fin au titre de séjour des perturbateurs ou de leurs familles ». Il ne s’est pas rendu aux abords du collège Volney, où une vingtaine de gendarmes était mobilisée.

Ouest France

Gollnisch : «Plus résistant au politiquement correct»

Le vice-président du Front national, Bruno Gollnisch, était hier à Serres-Castet dans le cadre de sa campagne pour la succession de Jean-Marie Le Pen à la tête du parti d’extrême droite.

Qu’est-ce qui vous différencie de Marine Le Pen ?

Bruno Gollnisch : Je crois être plus ouvert sur le monde extérieur. J’ai la confiance de nombreux mouvements patriotiques en Europe. Je suis sensible à la défense des identités régionales, composante de l’identité nationale. Je suis sans doute plus résistant face à la pensée dominante, au politiquement correct.

Comprenez-vous les inquiétudes des Français sur la réforme des retraites ?

Oui. Je comprends surtout qu’ils estiment que c’est toujours aux mêmes que l’on demande des sacrifices.

Nicolas Sarkozy ne serait-il pas le meilleur candidat du FN pour 2012 ?

Sa politique sécuritaire n’a pas d’autre effet qu’un affichage purement médiatique. Beaucoup d’électeurs du FN ont été cocus en 2007. Je ne pense pas qu’ils souhaitent l’être à nouveau en 2012.

Source

FN : petites indignations, grandes tartufferies

FN : le parti qui rend fou !

Episode 1 :

Dans le cadre de sa campagne interne, Bruno Gollnisch est reçu dans le Vaucluse, près du village du Barroux, en présence du responsable régional du Front National: Frédéric Boccaletti

Questionné par un journaliste sur la question d’une réconciliation avec Jacques Bompard, ténor local et dissident brouillé avec Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch dit ne pas fermer la porte définitivement à une réconciliation, précisant que c’est une position de principe, qu’il n’a aucun engagement de son côté, ni d’ailleurs du côté de Bompard, qu’il y a une commission de discipline pour les réintégrations au FN, si ce dernier souhaite un jour y revenir ce qui n’est pas le cas. Bref, pas de quoi fouetter un chat. Assis à la droite du dirigeant du FN, Boccaletti, tout sourire, ne bronche pas.

Episode 2 :

De retour chez lui, Boccaletti, qui a apporté son soutien interne à Marine Le Pen dans le cadre de la succession, se fend d’un communiqué au vitriol intulé: « la porte ne doit pas rester ouverte à Jacques Bompard » au motif qu’il se serait présenté contre Jean-Marie Le Pen aux dernières élections. Autrement dit, Jacques Bompard parce qu’il est dissident, il doit le rester.

Episode 3 :

Sur le CV de l’intéressé sur son site, on apprend que Boccaletti a été membre du MNR, parti de Bruno Mégret, puis membre du parti populiste entre 2005 et 2009. Sur son site, il écrit :

« Réalisant pleinement que les années de divisions stériles du camp national n’auront finalement profité qu’aux adversaires de la France, il lui apparaît nécessaire, et vital, de mettre un terme à la dispersion des forces et énergies des patriotes et de se regrouper derrière le FN.  »

Ben oui , mais alors, Bompard??

Quand je vous dis que c’est une histoire de fous!

On cherche à expliquer la réaction de Boccalletti.

Zèle des nouveaux convertis? Syndrôme de Stockholm? Communiqué téléguidé pour plomber la campagne de Gollnisch?

En tout cas, avec de telles réactions, les adhérents du FN risquent de ne plus s’y retrouver. Le Front National, un vrai village gaulois.

Guillaume d

source

FN : succession, passé militant, et affiches censurées

Chroniques de campagne et décryptages

Jean-Marie Le Pen reçut par le CFJ, renouvelle son soutien à sa fille

Reçu par le CFJ jeudi dernier, ce qui a évidemment suscité, pour son plus grand plaisir, une petite polémique, le président fondateur du FN en a profité pour brosser un tableau de la situation politique française devant les élèves journalistes, abordant des questions aussi diverses que l’immigration, le nazisme ou ses relations avec l’UMP.

Une nouvelle fois, il en a profité pour vanter les mérites de sa fille face à son bras droit Bruno Gollnisch.

« Un choix objectif, sans considération de filiation » veut-il croire. Pour Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch serait surtout « un universitaire qui a l’habitude d’être applaudi quand il arrive dans des amphis. » Une pique qui détonne quand, il y a encore quelques années, Jean-Marie Le Pen disait de lui «Bruno Gollnisch est l’homme pour lequel j’ai le plus d’estime et de considération » et que s’il lui arrivait « un malheur, tout naturellement il serait amené à me remplacer et je m’en féliciterais de l’au-delà».

L’occasion surtout de défendre le passé militant de sa fille, qui aurait « un passé militant réel plus important » que son challenger, affirme-t-il.

Par cette phrase, Jean-Marie Le Pen souligne en réalité un des points faibles de sa fille face à Bruno Gollnisch, qu’il cherche à contrecarrer auprès des adhérents du FN. Car dans les faits, si Marine Le Pen a indiscutablement une légitimité médiatique, son passé militant reste nettement moins fourni que celui son adversaire. Voyons plutôt…

Marine Le Pen: De l’ombre…

Marine Le Pen n’a par exemple jamais dirigé de fédération au FN et la majeure partie de son parcours s’est fait au siège du mouvement, à la direction juridique. Alors dans l’ombre, elle a occupé son premier mandat de conseiller régional dans le Nord pas-de-Calais en 1998, à 20 ans. Encore chez son père, à Montretout, elle s’y était présentée, comme elle le reconnaît elle-même, à la demande des responsables locaux du FN, qui souhaitaient profiter de son nom. En 2003, alors qu’elle venait de subir un camouflet au congrès du FN, n’arrivant qu’en trente-quatrième position du comité central en dépit de sa médiatisation, elle avait malgré tout été imposée par son père dans le cercle très fermé des vice-présidents du mouvement, engendrant la colère de nombreux cadres historiques. Sous les projecteurs depuis 2002, elle avait choisi de se présenter en Ile de France pour les régionales de 2004, où ses scores avaient été décevants. En 2007, elle était alors revenue dans le Nord-Pas de Calais à l’occasion des législatives, s’installant dans la circonscription aux meilleurs résultats électoraux de la région.

…à la lumière

Là, dans un terroir plus populaire, apportant sa notoriété médiatique à Steeve Briois, un militant très bien implanté sur le terrain, elle avait réussi à atteindre des scores inégalés, frôlant l’élection à plusieurs reprises. En 2007, c’est même la seule candidate présente au second tour. Après 5 ans sous les projecteurs, elle pouvait enfin vanter son image de marque sur un terrain électoral. Seule ombre au tableau, sa nomination comme tête de liste dans cette région pour les élections de 2009, perçue comme un parachutage, a été l’élément déclencheur du départ de Carl Lang et de ses soutiens. Elle n’en obtiendra pas moins les meilleurs scores nationaux du FN aux européennes, et atteindra 18% au premier tour des régionales l’année passée, suivant de tout près la liste UMP, score toutefois inférieur à ceux obtenus par Carl Lang en 2004 où la liste FN était arrivé devant la liste UMP de Jean-Paul Delevoye. Elle a été directrice de campagne de son père pour la présidentielle de 2007 et est élue au parlement européen depuis 2004 où avec son père et Philippe de Villiers, elle finit régulièrement dans le trio des députés les moins assidus. Depuis 2007, elle est vice-présidente chargée de la formation, de la communication et de la propagande.

Gollnisch, le bon élève?

Bruno Gollnisch, qui se définit lui-même comme un provincial, a débuté au Front National à la tête de la fédération du Rhône en 1983, qui est devenu rapidement une des plus importantes. Il a participé à toutes les élections depuis lors, étant élu conseiller régional Rhône-Alpes depuis 1986, conseiller municipal de Lyon entre 1995 et 2001, Député du Rhône entre 1986 et 1988 et député européen sans discontinuer depuis 1989.

Au sein du FN, il a gravi les échelons un par un pour occuper successivement tous les postes clés. Secrétaire régional Rhône-Alpes, vice-président depuis 1994, secrétaire général en 1996 pour contrer l’influence de Bruno Mégret dans l’appareil. Il ne pourra empêcher celui-ci de partir avec la majorité des cadres et des responsables départementaux. Avec Carl Lang, il s’efforce de reconstruire l’appareil et sera nommé délégué général en 1999. Il a surtout été directeur de campagne de la présidentielle de 2002. Il occupe alors sans partage la place de n°2, jusqu’à l’ascension de Marine Le Pen. Depuis le congrès de 2007, où il est malgré tout arrivé en première position, il a été nommé vice-président exécutif aux affaires étrangères et responsable du programme. Un parcours de bon élève, presque sans faute, mais qui souffre d’une carence sur le plan médiatique.

Cette différence explique aujourd’hui pourquoi Marine Le Pen fait une campagne axée sur la présidentielle de 2012, où elle peut exploitée à fond sa carte médiatique, alors que Bruno Gollnisch, lui, maintient qu’il ne faut pas confondre les échéances, les qualités requises n’étant selon lui pas forcément les mêmes pour les deux rôles.

(Vous pouvez trouvez les bio respectives de Bruno Gollnisch ici, et ici pour Marine Le Pen sur leur site de soutien)

L’affiche de JMLP censurée…

Cette semaine, c’était aussi le procès de l’affiche de Jean-Marie Le Pen, durant la campagne des régionales en PACA. Cette affiche représentait une carte de France au couleur de l’Algérie, et des mosquées avec une femme en Niqab au premier plan. Un seul texte : « NON A L’ISLAMISME ». Résultat des courses : Deux mois de prison avec sursis, 20000 euros d’amende et un an d’inéligibilité requis contre le président du FN. Soutien unanime de toute l’extrême droite qui dénonce « une atteinte inacceptable à la liberté d’expression ». Dans un communiqué, Jean-Marie Le Pen dénonce lui un « réquisitoire qui vient à l’appui du discours menaçant de Ben Laden à la France. »

celle de Gollnisch…. aussi !

Pour Bruno Gollnisch aussi, l’affiche de sa réunion en région parisienne a été censurée. Interdiction absolue d’y voir la flamme tricolore au motif que « cette réunion ne s’inscrirait pas dans le cadre de sa campagne à la succession » selon les mots du secrétaire général du FN, Jean-François Jalkh.

Sur son Blog, Bruno Gollnisch refuse de polémiquer, non sans une pointe d’agacement de ne pouvoir se prévaloir d’une flamme qu’il arbore sans discontinuer depuis 25 ans.

Il a préféré la remplacer.

Affaire à suivre…

Guillaume d,

source

Bruno Gollnisch : « J’aspire à redonner vie à l’identité française, par une grande politique familiale et d’accueil de la vie, afin de résorber notre déficit démographique »

Ce lundi 25 octobre, Bruno Gollnisch était l’invité du « Chat » lecteurs Le Monde :

Esteban : Alors, avez-vous déjà perdu?

Bruno Gollnisch : Je ne crois pas. Les chances me paraissent partagées : 50/50. Certes, je cumule certains handicaps. Plusieurs de ceux qui, sans doute, m’auraient soutenu, sont partis. J’ai perdu certainement de l’influence sur l’appareil central du mouvement. Mais je dispose encore de la confiance de très nombreux membres, ainsi que plusieurs journalistes qui suivent ma campagne interne s’en sont rendu compte. Leur jugement sur mes chances de remporter cette échéance a d’ailleurs évolué depuis.

Véronique : Comment peut-on s’attendre à ce qu’un parti comme le FN organise une compétition démocratique ? N’est ce pas un non-sens ?

Et pourquoi serait-ce un non-sens ? Au contraire, je pense que ce sera une preuve de maturité de cet appareil, très tributaire jusqu’ici, c’est vrai, de la personnalité charismatique de Jean-Marie Le Pen.

Mais d’une certaine façon, et quelle que soit l’issue de cette compétition, ce sera un hommage rendu à son action que de prouver qu’il a été en mesure de créer un appareil capable de survivre à sa personne et à son action.

Cienfuegos : Comment vous expliqueriez vos différences politiques avec Marine Le Pen ?

Je suis franchement embarrassé pour répondre à cette question, dans la mesure où l’ascension médiatique de Marine s’est faite sur le thème de la « modernisation », de la « dédiabolisation », voire de la « déringardisation ». Après plusieurs années, je ne sais toujours pas avec précision en quoi tout cela consiste.

En ce qui me concerne, je crois être tout à fait moderne, mais je pense fortement qu’il n’y a de modernité viable qu’enracinée dans la tradition.

Mes positions sont connues. Je les ai récemment rappelées dans une déclaration à Saint-Denis. J’aspire à redonner vie à l’identité française, par une grande politique familiale et d’accueil de la vie, afin de résorber notre déficit démographique.

Je veux affranchir la culture française, ainsi d’ailleurs que notre politique étrangère, de la domination du monde anglo-saxon.

Je veux une protection raisonnable de notre économie à l’égard des pratiques de dumping social qui la ruinent, ainsi qu’une libération des énergies à l’intérieur par une réduction drastique du nombre de niveaux d’administration, des contraintes bureaucratiques, des prélèvements fiscaux, etc.

Doudou : Que pensez-vous des déclarations de Jérôme Bourbon, un de vos plus fervents soutiens et rédacteur de Rivarol, qui estime que Marine Le Pen est entourée de « juifs patentés » et d’ »invertis notoires » ? Un tel soutien peut-il vraiment apporter de la crédibilité au FN ?

Je réprouve tout propos injurieux. Je n’ai pas sollicité M. Bourbon, ni même eu de contacts récents avec lui. Je réponds entièrement de ce qui est publié sur mon site Internet. Je ne réponds pas de tous les propos de ceux qui me soutiennent ou qui disent me soutenir ; il y aurait trop à faire.

Leurs propos les engagent dans la responsabilité personnelle qui est la leur.

Reversus : Est-ce qu’il y a des points communs entre la période que vous traversez actuellement et celle de 1998 qui a conduit à l’exclusion de Bruno Mégret ?

Il existe, c’est vrai, une certaine tension, qui n’est pas toujours facile à vivre dans un mouvement où l’amitié devrait prévaloir, compte tenu de l’hostilité que nous rencontrons tous de la part des tenants du système en place.

En revanche, il n’y a pas de situation comparable à celle de 1998, qui fut une tentative d’OPA frauduleuse sur le Front national et d’éviction de sa direction légitime.

Ma candidature s’inscrit dans un cadre parfaitement régulier, et d’ailleurs considéré comme tel par l’ensemble des protagonistes du débat actuel.

Les tensions qui naissent inéluctablement de la dynamique de groupe inhérente à ce genre de compétition ne sauraient par conséquent dégénérer d’une façon comparable à ce qui s’est produit.

Laurent : Y a-t-il un risque de scission au FN ?

Non. Il y a une compétition ; il peut y avoir des frictions ; celles-ci devront disparaître au lendemain de l’élection, et chacun devra faire bloc autour du nouveau président ou de la nouvelle présidente.

Si je suis élu, j’exigerai naturellement que chacun se soumette à la volonté librement exprimée par nos membres. Si je ne suis pas élu, je m’inclinerai devant cette même volonté. Et ce, sans réserve.

Reversus : Un conseiller de l’Elysée affirmait au Parisien que Marine Le Pen serait au gouvernement dans dix ans. Ce scénario est-il plausible selon vous ?

Ce conseiller me paraît avoir des dons tout à fait exceptionnels ! Qui peut prévoir ce qui se passera dans dix ans ?

Ce que je pense, personnellement, c’est que l’UMP ne survivra pas à l’échec programmé de Nicolas Sarkozy. Elle explosera. A partir de là, y aura-t-il une frange sincèrement désireuse de s’entendre avec la droite nationale, et de réaliser au moins une part substantielle de son programme ? Si c’était vraiment le cas, je ne vois pas pourquoi, dans le bien du pays, on s’interdirait tout accord.

Dans le cas contraire, qui a prévalu jusqu’à présent, nous devrons rester fermes sur nos positions, n’accepter aucun compromis de nature purement électoraliste, et faire grandir notre mouvance, de la droite sociale à la gauche patriotique, de telle sorte qu’elle arrive en tête du premier tour d’élections au suffrage majoritaire. Ce n’est pas du tout impossible.

Jérôme : Seriez-vous prêt à reconnaître publiquement que les chambres à gaz ne sont pas un détail de l’histoire, contrairement à Monsieur Le Pen?

Il s’est expliqué cent fois sur ce sujet, apparemment en pure perte. Il en a été de même en ce qui me concerne ; je ne souhaite donc pas revenir sur ce sujet, dont l’expérience a montré qu’il servait surtout à tenter de polémiquer inutilement et non pas à débattre sereinement de l’histoire contemporaine.

Propos modérés par Caroline Monnot