Archives pour la catégorie Doctrine
Entretien Gollnisch (17) : Quel est votre point de vue concernant l’euthanasie ?
Bruno Gollnisch sans interdit : ses valeurs, ses atouts, ses détracteurs
Jean
Entretien Gollnisch (15) : La politique est-elle l’art du possible ?
Louis
Entretien avec Bruno Gollnisch (11) : En quoi votre critique de l’ultra-libéralisme se distingue-t-elle de la critique marxiste ?
Pourquoi cette campagne interne est profitable à la droite nationale
La campagne interne du Front National possède une vertu bien réelle : elle nous donne l’occasion d’exposer les fondements de la pensée nationale. A la faveur de cette campagne, nous sommes tous invités à faire un point, à scruter dans notre programme politique les principes qu’il recèle, à explorer les implications les plus ultimes de notre combat. Le Front National vit en effet sa crise d’adolescence, qui se révèle être une crise profonde d’identité : à quelle structure de pensée sa doctrine se raccroche-t-elle finalement? Sur quelles valeurs son action repose-t-elle fondamentalement ? Alors même qu’il pourrait sembler séduisant de rallier en partie la pensée dominante afin de se faire accepter par le système, voilà pourtant des questions auxquelles les deux candidats à la succession du président doivent tenter de répondre. La survie du nationalisme français est à ce prix.
« Sur la défense de la nation », répondrons spontanément un certain nombre d’entre nous. Certes. Mais quelle vision de la nation doit éclairer le combat frontiste ?
La nation n’est-elle qu’un concept et une idée, telle que la devise républicaine semble le suggérer ? Ou bien est-ce une réalité charnelle, qui possède une identité particulière ? Le programme frontiste répond tacitement à cette interrogation : son refus de voir entrer la Turquie dans l’union européenne implique en effet une conception charnelle de l’identité nationale. Car le Front ne suspend pas l’entrée de la Turquie à une adhésion idéologique, à la reconnaissance de certaines valeurs universelles auxquelles d’ailleurs n’importe quelle nation pourrait souscrire, mais il récuse définitivement son entrée dans l’Europe pour des motifs géographiques, historiques et culturels.
La nation est-elle une totalité ? Ou bien admet-elle en deçà l’existence de corps intermédiaires, et au-delà celle de principes supérieurs ? Il existe en effet deux modèles sociétaux bien distincts : le modèle libéral qui, dans le sillage des philosophies du contrat social, s’articule exclusivement autour de l’individu et de l’Etat ; et le modèle traditionnel qui reconnaît la nation comme une réalité naturelle et organique, laquelle repose ainsi sur des corps intermédiaires au premier rang desquels la famille. Précisément, la nation repose-t-elle sur le citoyen ou sur la famille ? Si le citoyen est la cellule de base de la société, celle-ci ne sera jamais qu’une addition d’individus. Peut-on cependant faire du social à partir de l’individuel ? En inscrivant dans son programme, à rebours de l’idéologie dominante, la défense d’une politique familiale et nataliste, situant la famille comme la « cellule de base de la société », le Front National se rattache implicitement à un modèle sociétal traditionnel.
« La république ne reconnaît que le citoyen », entend-on jusque dans nos rangs : mais la France, pour être pérenne, doit reconnaître la famille. Comment le Front pourrait-il en effet s’affranchir d’une politique familiale quand il souhaite que survive le peuple français à l’heure où l’immigration de peuplement sécrète déjà de graves problèmes identitaires ?
Il faut souligner a contrario que le modèle libéral, dans lequel ne subsistent que l’individu et l’Etat, rappelle étrangement le modèle européiste et mondialiste dans lequel un pouvoir lointain et oligarchique, qui a confisqué les prérogatives des sociétés d’ordre inférieur, a la prétention de s’imposer directement et indistinctement à tous les individus. Là encore, le Front National ne peut pas rejoindre un modèle de société qui rentre en contradiction avec les principes qui animent par ailleurs le combat national.
Quant au refus de notre mouvement d’assimiler la nation au marché, et donc l’homme à un producteur ou un consommateur, il ne va pas sans une condamnation du matérialisme et du consumérisme ambiant, et par conséquent sans le rappel des principes supérieurs dont Jean-Marie le Pen a toujours souligné l’existence.
Bref, défendre la nation, c’est bien, mais pas de n’importe quelle manière, pas n’importe quelle nation. Le plus petit dénominateur commun cher au démagogue est semence de confusion. Le Front National ne peut donc pas se soustraire à une telle réflexion : y sont suspendues en effet les convictions des patriotes.
Refuser de considérer ces questions sociétales comme prioritaires, c’est refuser de fonder son action sur une vision claire et structurée de la société, c’est rejeter la colonne vertébrale autour de laquelle se construit pourtant la pensée nationale, c’est finalement programmer la lente désagrégation du nationalisme français. Car la nature a horreur du vide : abandonner ou taire les principes traditionnels sur lesquels repose la société revient mécaniquement à adopter les principes actuels de la pensée dominante dont on devient alors, bien malgré nous peut-être, les malheureux tributaires…
Edouard
Gollnisch, reviens, ils sont devenus fous ! (2/2)
Nous exposions la dernière fois la place que devaient tenir les sujets de société dans la vie politique, lesquels déterminent la place de l’homme dans la communauté : et nous affirmions ainsi que le programme sociétal du Front était la colonne vertébrale autour de laquelle devait s’articuler son projet politique. Aux antipodes, Marine le Pen affirme quant à elle que ces questions ne sont pas prioritaires, renonçant ainsi à une vision profonde de la société française, refusant de voir les causes les plus hautes de ses maux actuels.
Mais il est intéressant de souligner que l’indifférence de Marine le Pen à l’égard de certaines positions pourtant fondamentales du Front National se révèle également dans sa stratégie politique. Car à vouloir émanciper le Front de ses forces d’enracinement -ainsi que le signifie son refus de rassembler sa propre famille politique pour aller draguer immédiatement un électorat souvent éloigné de nos positions- on s’expose à un délitement et à un affaissement progressif du programme que vérifie d’ailleurs la sociétalisation actuelle du discours. Que mettent également en évidence les récentes prises de position des partisans de Marine le Pen, en poste et en responsabilité dans le mouvement malgré leurs divergences objectives, explicites et avouées avec notre programme politique. L’expérience nous enseigne cependant que toute modification du discours, en vue de diminuer ou d’atténuer l’expression de notre pensée politique, en vue d’estomper certains fondamentaux, a vocation, après s’être imposée dans l’opinion, à être intégrée dans le programme : il y a là en effet une pente naturelle.
Nous pensons au contraire que notre combat doit s’ancrer définitivement, et c’est l’enjeu de cette échéance interne, dans la défense d’un certain nombre de valeurs non négociables. Lesquelles révèlent une commune structure de pensée à l’ensemble de la droite patriote, dont témoigne en l’occurrence notre attachement indéfectible à l’enracinement familial, national, moral et culturel.
Sur la base de ces valeurs non négociables, autour de notre projet, il nous appartient donc de créer une dynamique de rassemblement. Mais une telle dynamique doit reposer sur un socle idéologique solide. Car tout édifice dont les fondations sont ébranlables et mouvantes menace de s’écrouler sur lui-même. Aussi bien nous voulons tous fédérer l’ensemble des français, et nous y serons parvenus lorsque nous aurons obtenu 100% des suffrages. Mais encore faut-il commencer par rassembler notre propre famille politique avant d’élargir le cercle de notre électorat. Quel crédit peut-on avoir lorsque, prétendant rassembler l’ensemble des électeurs, on n’a pas été en mesure de fédérer auparavant sa propre famille de pensée ?
Alors pour discréditer cette volonté de rassemblement, Marine le Pen développe une rhétorique qui rappelle étrangement celle de nos adversaires politiques. Afin de disqualifier dans l’opinion certains courants de pensée, le système leur associe en effet bien souvent de vilaines étiquettes. Procédé tout de même plus commode qu’une argumentation construite, et que Marine le Pen ne s’interdit pas de reprendre à son compte. Voilà donc Bruno Gollnisch accusé de vouloir rassembler l’« extrême droite ». Nous ne saurons jamais ce en quoi consiste l’ « extrême droite », mais c’est égal. Savoir que le Front National et Jean-Marie le Pen ont été victimes, et le sont encore, de ce discours convenu et académique ne semble pas troublé la prétendante. Le problème cependant, c’est que les « traitres » et les « félons » auxquels Marine le Pen fait allusion ont été cadres au Front National durant de nombreuses années, participant à la rédaction de son programme, et n’ont pas modifié leur ligne doctrinale en le quittant. Il était donc temps de s’apercevoir que le Front National avait longtemps été tributaire d’une idéologie « extrémiste ». Marine le Pen elle-même n’avait-elle pas affirmé, lors du départ de Carl Lang, qu’il n’existait entre eux aucune divergence idéologique, feignant ainsi de s’étonner d’une telle rupture ? On cherche à comprendre…
Jean
Gollnisch, reviens, ils sont devenus fous ! (1/2)
Les soutiens de Marine le Pen dérapent, la caravane passe
Il y a quelque chose d’intriguant dans la manière dont l’appareil frontiste aborde actuellement les problèmes. Parce que nous ne sommes pas marxistes, nous savons qu’il n’y a pas de conflit d’intérêts, mais simplement une hiérarchie d’intérêts. Il reste que la manière dont chacun conçoit cette hiérarchie s’avère bien souvent révélatrice…
Bruno Gollnisch est sommé par le secrétaire général du mouvement de retirer la flamme tricolore de l’affiche annonçant la « Fête des patriotes », manifestation de soutien à sa candidature. Nous n’entrerons pas dans le détail des questions juridiques : elles nous paraissent futiles, à vrai dire dérisoires. Mais dans le même temps, les dérapages des soutiens de Marine se multiplient, mettant en cause directement les valeurs portées et défendues par notre programme politique. Etrange silence des responsables en poste, pourtant constamment à l’affût, traquant le moindre faux pas des partisans de Bruno Gollnisch, prêts à tout moment à leur porter l’estocade…
Faisons le point. Dans les Yvelines, une toute récente transfuge du NPA, totalement éloignée des positions sociétales du Front National, promouvant la libéralisation du cannabis, le mariage homosexuel et l’avortement, se voit mystérieusement confier des responsabilités aussi vite qu’elle a rejoint l’appareil. Les rédacteurs de NPI se fendent, en bons socialistes, d’un article pourfendant l’école libre -article aussitôt retiré devant les réactions bien légitimes qu’il avait provoquées. Tout récemment, le secrétaire départemental adjoint des Hauts-de-Seine s’en prend violemment aux catholiques en les traitant de grenouilles de bénitier. Enfin, un candidat aux cantonales, dans les Hauts-de-Seine, se déclare ouvertement hostile aux positions du Front National sur la famille et l’avortement. Soulignons qu’il est vice-président du « Parti du Respect » qui milite pour « obtenir le mariage pour les couples homosexuels« , et pour « obtenir l’adoption pour les couples homosexuels » . Manifestement, cette double appartenance est moins inquiétante que d’autres, et moins grave que la participation des militants au congrès du Renouveau Français. Décidément, on marche sur la tête. Ils veulent donc tout détruire ! Gollnisch au secours, ils sont devenus fous !
Notons, puisque certains feignent malhonnêtement de ne pas le comprendre, qu’il ne s’agit aucunement d’attaquer personnellement ces gens là : mais puisqu’ils assument des responsabilités publiques, leurs positions politiques les engagent et peuvent bien légitimement soulever l’indignation lorsqu’elles rentrent en contradiction avec les valeurs défendues par le mouvement. Et nous observons que ces responsables là sont tous des soutiens affichés de Marine le Pen, menant campagne en sa faveur.
Alors, il serait utile que l’on éclaire nos lanternes. Car je dois avouer avoir naïvement pensé un temps que l’appareil frontiste était un instrument dont la vocation consistait à se faire l’écho de notre projet sociétal et politique dans le paysage français. Qu’il devait porter bien haut nos aspirations, promouvoir notre idéal, représenter notre courant de pensée sur l’échiquier politique. Sans quoi il n’était qu’une coquille vide. Or quand nous observons dans l’entourage de Marine le Pen le mépris affiché des positions défendues par le Front, et l’inertie des responsables marinistes, souvent complices, sinon responsables de ces écarts, devant un tel scandale, nous sommes en droit de nous interroger sur ce que serait demain le Front National entre les mains de Marine le Pen.
Mais comment se fait-il que l’appareil soit plus enclin et plus rapide à dénoncer l’usage de la flamme tricolore par l’un des candidats à la succession du président, plutôt qu’à dénoncer l’hostilité avouée d’un certain nombre de cadres ou de candidats marinistes au projet porté par notre mouvement ? Il y a là un étrange mystère…
Un vide sidéral
J’avais eu l’occasion déjà de manifester qu’il y avait entre Marine le Pen et Bruno Gollnisch deux structures de pensée bien distinctes que leurs conceptions respectives de la patrie mettaient en évidence. Je serai tenté, après ces dernières révélations, de penser qu’il n’y a non pas deux visions sociétales distinctes, mais une vision sociétale clairement assumée par Bruno Gollnisch et, de l’autre côté, un vide sidéral sur la question. En clair, les marinistes n’ont aucune boussole idéologique.
Pour preuve, l’aveu de NPI
Pour défendre l’équipe de Marine le Pen face à l’indignation qu’avaient suscité les prises de positions de ses partisans, NPI tentait récemment de nous expliquer que « ces thèmes ne sont que connexes au domaine de la lutte nationale ». Ou comment marginaliser les positions sociétales du Front. Or il s’agit là d’une regrettable erreur d’analyse de la part de nos concurrents. Car bien évidemment, les questions sociétales sont absolument centrales et incontournables dans le combat national. Les réponses qu’on y apporte révèlent la structure fondamentale d’une pensée politique et induisent une vision profonde de la société et de ses fondements. En dernière analyse, toute politique repose comme sur son socle sur une vision de l’homme et de sa place dans la société. Ne pas le comprendre, c’est refuser de percevoir les causes profondes du malaise social actuel, et c’est donc se contenter d’une lecture superficielle des problèmes auxquels les français sont aujourd’hui confrontés.
Considérez l’homme comme un sujet moral, et vous subordonnez la politique à la morale, et l’économie au politique, car vous savez que le bien commun consiste dans une certaine perfection morale, plus haute dimension qui habite la personne humaine. Au contraire, ôtez à l’homme sa dimension morale, voire spirituelle, et vous sombrez dans un matérialisme qui ravale l’homme à n’être qu’un consommateur ou un producteur, hypothèse partagée aussi bien par le libéralisme que par le communisme, qui ne sont jamais, en fait de doctrines politiques, que des pensées économiques. Ou l’avènement inéluctable d’une société marchande. Le même libéralisme, individualiste par essence, ignore que la société repose sur la famille, sa cellule de base, et lui préfère le citoyen. Absence de politique familiale et nataliste, promotion de l’avortement considéré comme un service, entraînent mécaniquement des lacunes éducatives et affectives, une difficulté démographique, les problèmes des retraites, une immigration de substitution, une crise par conséquent tout à la fois culturelle, identitaire et morale.
Aussi bien, les différentes positions du Front en matière sociétale ne sont pas une addition ni une juxtaposition d’ « opinions personnelles », sans unité ni cohérence, liées entre elles par l’arbitraire d’un rédacteur. Elles sont l’objet d’un véritable programme sociétal. Elles s’imposent chacune d’elles-mêmes lorsque que l’on interroge les implications ultimes du programme frontiste lequel, comme tout programme politique, situe tacitement la place de l’homme dans la société. Si bien qu’aucune des valeurs portées par notre projet sociétal ne peut être isolée ni négociée car elles s’inscrivent toutes dans une même structure de pensée et s’enracinent dans la même conception de la personne humaine et de la société française.
Cette vision s’oppose, en dernier ressort, à la pensée libérale qui, finalement, établit l’homme dans un rapport de propriété :
- avec lui-même : « mon corps m’appartient »…l’individu est séparé de son corps et en est rendu propriétaire. Cette grave confusion entre le domaine de « l’être » et le domaine de « l’avoir » accompagne la transformation du corps en propriété privée, c’est-à-dire en marchandise. Dans cet horizon, toute dimension éthique a disparu.
- avec la famille : le mariage, qui était jusque là un don d’amour total et définitif sur lequel reposait la famille, l’équilibre des enfants et celui de la société, est absorbé, dans une perspective individualiste et consumériste qui fait fi de l’intérêt de l’enfant et du bien commun, par le modèle du contrat qui peut logiquement être dissous, ou bien faire l’objet de toutes les expérimentations.
- avec la nation : qui s’identifie donc au marché, dans le ciel duquel toute dimension culturelle voire spirituelle disparaît évidemment.
Que le Front National en vienne à renoncer à son projet sociétal, il en perdrait définitivement son âme. Sans famille française, il n’y a plus de France pérenne, et là où le poison libéral sème l’égoïsme consumériste et tue le sens du bien commun et des intérêts supérieurs, c’est l’âme française qui se consume à petit feu. En un mot, il ne peut y avoir de politique qui ne soit pourvue de sens et qui ne s’enracine dans la morale. Le problème auquel sont confrontés les français est un problème plus profond que ce que certains suggèrent: il est d’ordre moral et sociétal, avant d’être économique. Ce qui en jeu, c’est la survie d’une civilisation.
Le Front National à la remorque de l’UMP ?
Nous avions déjà observé que l’UMP courait après la gauche sur tous les sujets de société. Elle a toujours un train de retard, mais finit néanmoins par le rattraper. Il serait fâcheux que le Front se mette à son tour à la remorque de l’UMP.
Prenons l’exemple du PACS: la majorité s’y oppose lors du vote à l’assemblée, puis elle s’y raccroche, et enfin elle entend poursuivre son amélioration. Quels sont donc les principes sous-jacents à l’action de la droite parlementaire? Il semble que, à l’instar des progressistes de gauche, ces gens de droite souscrivent à une vision évolutive des valeurs et des principes de la morale et de la politique. En dernier ressort, ces références sont culturelles et peuvent ainsi évoluer au gré des consensus : il n’existe aucune échelle objective des valeurs. Ce faisant, ces faux conservateurs de droite qui ne veulent en réalité rien conserver, sont simplement en retard sur la gauche.
Pourtant, la question du PACS ou du mariage homosexuel entraîne, selon les réponses qu’on y apporte, des conceptions très divergentes du bien commun, deux structures de pensée, deux rapports à la société absolument incompatibles. Car d’une part, oui ou non la famille se fonde-t-elle sur l’altérité sexuelle et l’accueil de la vie pour devenir la cellule de base de la société, le socle sur lequel repose l’édifice social qu’elle inscrit ainsi dans la pérennité ? D’autre part, oui ou non la loi doit-elle être ordonnée exclusivement au bien commun ? Ou bien peut-elle être confisquée par les lobbies au profit d’intérêts catégoriels ? Si nous répondons positivement à ces deux interrogations, il est inutile de suggérer une législation, à quelque degré que ce soit (pacs ou mariage), en vue de reconnaître publiquement l’union homosexuelle. Car la loi doit être tournée vers l’intérêt de la société – et donc reconnaître, protéger et stabiliser la cellule familiale, nécessaire à sa survie – et non détournée en vue de satisfaire des intérêts individuels ou communautaires. Il y a là une position de principe.
Bref, ces gens là ne savent pas où ils habitent idéologiquement. Ils n’ont ni boussole, ni doctrine. Mais il est très inquiétant d’observer que cette vulnérabilité et cette fragilité entament désormais la crédibilité des responsables marinistes au sein du Front National. La reconquête et le nécessaire redressement du pays ne peuvent se faire que sur la base d’un engagement ferme et d’une action durable. Or il n’y a pas d’action durable sans principes forts, sans un engagement construit sur les piliers solides de la doctrine nationaliste.
A suivre…
Edouard
Entretien avec Bruno Gollnisch (4) : le rôle de l’éducation nationale
Jean
Mise au point
Je crois qu’il est nécessaire de faire une petite mise au point, à l’adresse de ceux qui nous accusent de division. Car s’il y a sous la plume de nos auteurs et dans nos articles un quelconque scandale, je crois que celui-ci réside dans les faits dénoncés davantage que dans la dénonciation des faits. Mais voilà sans doute une trop subtile distinction: il n’est pas étonnant alors qu’elle échappe à certains. Car enfin, ces vierges effarouchées qui s’insurgent contre nos articles ne démentent cependant aucun des faits rapportés. Ils s’indignent seulement de ce que l’on ose les dénoncer et les condamner. « Lorsque le sage montre la lune du doigt, l’imbécile regard le doigt » enseigne un proverbe chinois…
A propos de l’Eglise et de l’immigration…
Nous profitons du conflit que certains clercs entretiennent avec l’Etat au sujet de l’immigration pour rappeler aux catholiques ce qu’enseigne réellement l’Eglise en la matière.
Lorsque l’on ouvre le Catéchisme de l’Eglise Catholique, voici ce qu’on y lit : « Les autorités publiques peuvent, en vue du bien commun dont elles ont la charge, subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverse conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard des pays d’adoption ». La Commission pontificale Justice et Paix, le 3 novembre 1988, dans l’Eglise face au racisme, rappelle également qu’ « il appartient aux pouvoirs publics, qui ont la charge du bien commun, de déterminer la proportion de réfugiés ou d’immigrés que leurs pays peut accueillir, compte tenu de ses possibilités d’emploi et de ses perspectives de développement ».
Bruno Gollnisch s’oppose à Marine le Pen sur l’identité nationale
Dans le Figaro du 12/12/2006, Marine le Pen déclarait : « La candidature de rassemblement du peuple français débarrassée des spécificités religieuses, ethniques ou même politiques, c’est la candidature de Jean-Marie Le Pen ». Il est très intéressant d’observer à cet égard les différences structurelles de pensée entre Marine et Bruno. En prononçant ces mots, Marine le Pen ne pouvait pas mieux exprimer sa vision désincarnée et indifférenciée de la France et de son peuple. Car débarrassée de ses spécificités et de ses particularités, la France n’est plus qu’une idée ou un concept, en clair : une abstraction. Lire la suite
Retour à l’émission de Radio Courtoisie: florilège de citations de Bruno Gollnisch
« Contrairement à l’opinion qu’on s’est donné de moi, je ne suis pas un passéiste, même si j’aime le passé et l’héritage du passé, mais je crois très profondément qu’il n’ait de modernité viable qu’à condition qu’elle soit enracinée dans la tradition. »
Sur l’équipe de France de football
« En ce qui concerne l’équipe de foot de France, je pense qu’elle a été constituée sur des bases en partie idéologiques: c’est la promotion de la diversité prétendue telle, et on en voit les résultats. Ceci étant, on a parlé beaucoup trop de cette affaire. Le football est un jeu. Il est assez dérisoire de voir jusqu’au chef de l’Etat s’impliquer là dedans. C’est « panem et circenses », du pain et des jeux, comme dans une civilisation en pleine décadence, dont la décadence rappelle d’ailleurs celle de l’ancienne Rome.»
Sur l’articulation de la morale et de la politique
« Je pense que c’est la crise morale qui détermine la crise politique et la crise économique. »
« Je pense que l’économie doit être subordonnée à la politique, et la politique à la morale»
« La loi civile doit se conformer à la loi morale. »
« Il y a une phobie de nos adversaires politiques qui, toutes les fois que l’on veut revenir aux valeurs de droit naturel, disent : « ce serait abominable, ce serait l’ordre moral », à quoi ils préfèrent de manière manifeste le désordre moral. »
Sur l’identité française et les « valeurs » de la république
« Il y a une identité française qui est charnelle, qui est matérielle, qui est spirituelle, et qui ne se réduit pas à la devise républicaine : « Liberté, Egalité, Fraternité », laquelle, dans ce qu’elle a d’acceptable, pourrait être la devise de quantité de nations de par le monde ».
« La laïcité, ce n’est pas une valeur. (…) Cette laïcité, qui est une sorte de neutralité de la puissance publique, de tolérance en présence d’un mal plus grand, ne fournit pas des raisons de vivre. Elle n’est pas un idéal : elle est une recette de gouvernement pour gérer le problème des disparités, religieuses ou philosophiques, qui peuvent exister dans une société à un moment donné.»
Sur les retraites
« Je n’aurais pas organisé la suppression de 200000 enfants à naître chaque année depuis trente ans pour m’apercevoir ensuite que le renouvellement des génération n’est pas assuré »
Sur les questions sociétales
« Je suis totalement hostile au mariage homosexuel, et plus encore à l’adoption d’enfants par les homosexuels dont on nous rebat les oreilles en ce moment. Les homosexuels choisissent un mode de vie (…) qui ne comporte pas la procréation. Ils ne sauraient par conséquent en toute justice se prévaloir de je ne sais quel droit à l’enfant. L’adoption existe dans l’intérêt de l’adopté, et non pas exclusivement dans l’intérêt de l’adoptant. »
« Je suis personnellement favorable à la liberté scolaire, c’est-à-dire au coupon scolaire ou chèque éducation, qui rétablit la liberté de choix des familles, qui introduit une saine et légitime émulation entre les établissements. »
Sur le communautarisme religieux
« Nous ne sommes pas là pour faire le boulot que les évêques et les curés ne font pas, à savoir la conversion des musulmans qui sont en France. (…) Je combats l’islamisme, je combats la prolifération de mosquées, surtout quand elles sont financées par des Etats musulmans qui ne respectent pas la liberté du culte chrétien, mais je dis que si on veut le faire de façon efficace, il faut premièrement inverser le courant de l’immigration, et deuxièmement il faut qu’il y ait dans le reste de la population française un renouveau spirituel qui tarde vraiment à se manifester. »
« Je suis en faveur de la suppression pure et simple de la Halde. »
Sur la formation des cadres frontistes
« Je pense qu’il faut créer une véritable école de cadres, avec de la formation doctrinale et de la formation pratique. »
Sur ses atouts personnels
« Je suis un homme de conviction.»
« Je suis assez rassembleur, assez impartial. Je crois avoir montré que j’étais inébranlable dans mon refus du politiquement correct, que j’étais capable d’agréger autour de moi des gens assez divers, venant d’horizon divers. »
« Je pense que notre « nationalisme » est compatible avec celui des autres, et que nous devons en apporter la preuve sur le plan intellectuel. Et je crois être en mesure de le faire compte tenu des nombreuses relations que j’ai avec d’autres mouvements patriotiques, en Europe et même hors d’Europe. »
« J’ai une expérience importante des assemblées dans lesquelles je crois j’ai combattu avec pugnacité et compétence. (…) J’ai une connaissance des questions de défense : je suis diplômé d’étude supérieure de défense et officier supérieur de réserve dans la marine. J’ai une connaissance des questions de l’éducation et de la recherche. Ma foi c’est pas mal pour exercer la fonction. »
Jean
Qui somme-nous? 7ème et dernier volet
Pour sa stature intellectuelle, la clarté et la sécurité de sa ligne doctrinale, sa résistance au politiquement correct et à la pensée unique, sa fidélité indéfectible à nos valeurs et à notre programme, sa loyauté jamais démentie à notre président, même dans les heures les plus tourmentées, lorsque ses soutiens se faisaient rares également dans son entourage proche, son désintérêt personnel, sa constance dans le combat, sa capacité à rassembler sa famille politique, sa capacité à fédérer les droites nationales européennes et internationales desquelles il est reconnu, ses talents de tribun…Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, la candidature de Bruno doit susciter auprès des militants une adhésion de coeur et de raison!
Définitivement, Gollnisch président!
Les jeunes avec Gollnisch
Bruno Gollnisch répond aux questions des internautes du Forum Catholique
C’est ici.
En voici quelques extraits:
Sur la politique et la morale:
« J’affirme très clairement que l’économie doit être subordonnée à la politique, et que la politique doit être subordonnée à la morale. Au minimum, si j’ose dire, la morale naturelle. »
Sur la laïcité:
« [La laïcité] me paraît, non pas une « valeur », comme on s’échine à le dire, mais une forme de tolérance dans une société qui a malheureusement cessé d’adhérer à des valeurs spirituelles communes. Il est clair cependant que cette laïcité est tout-à-fait insuffisante pour contrer, par exemple, la progression de l’Islam en Occident. Il y faut un renouveau spirituel, et pas seulement une démarche de simple prophylaxie sociale, vouée plus ou moins à l’échec. »
Sur l’Eglise et l’immigration:
« L’Eglise prône à juste titre le pardon des offenses. Mais que dirait-on d’un régime politique qui, sur ce fondement, renoncerait à punir les criminels ? Je prends cette comparaison, non pas pour comparer les immigrés à des criminels, loin s’en faut, mais seulement pour expliquer que la puissance publique peut être soumise à d’autres impératifs moraux, en vue du Bien commun, que ceux qui s’imposent aux individus. »
Sur le planning familial:
« Cette organisation malthusienne doit être, soit abolie, soit profondément remaniée dans un sens favorable à l’accueil de la vie, pour en finir avec ce que le Pape Jean-Paul II appelait la culture de mort. »
Sur la concurrence de la liste chrétienne en Ile-de-France aux élections régionales dernières:
« Vous avez naturellement le droit de souhaiter un engagement ferme en faveur de la défense de la vie. Je pense cependant que, plus que la liste chrétienne que vous citez, c’est la liste de Nicolas Dupont-Aignan qui a été la plus préjudiciable à celle que conduisait courageusement Marie-Christine Arnautu. Egalement la désinformation sondagique, donnant à la liste FN 4%, quand elle en a fait 9,5%. »
« J’ai regretté que Marine Le Pen ne soit pas restée en Ile-de-France, où sa notoriété aurait certainement compensé ces handicaps, et permis de franchir la barre des 10% à l’issue du premier tour. »
« Je crois toutefois que cette liste « chrétienne » n’a pas été profitable à qui que ce soit. Et surtout pas à ses promoteurs, qui n’ont réussi qu’à prouver que la défense de la vie, des valeurs spirituelles, etc., cela pesait dans l’opinion moins de 1% des suffrages !
Tel n’était certainement pas leur but, je suppose… »
Sur la liberté d’éducation des parents:
« Je suis hostile à la Carte Scolaire, favorable en revanche au chèque-éducation remis aux familles, éventuellement endossable même au profit des établissements hors contrat. Ce sont des positions, en tous cas, que nous avons toujours défendues dans les Assemblées, notamment au Conseil Régional. »
Sur la légitime défense:
« Je suis aussi pour la légitime défense. Si les policiers se font tirer dessus, ils doivent pouvoir répliquer. (…) La peine de mort est parfois une forme de légitime défense. Quelle peine appliquer aux époux Fourniret ? »
Sur d’éventuels accords avec l’UMP:
« Je ne suis pas prêt à faire des alliances avec l’UMP. J’ai dit que je n’étais en principe pas hostile à des alliances (avec qui que ce soit), à condition que :
1) Le ou les partenaire(s) éventuels le veuillent sincèrement et le demandent-ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.
2) Ce soit dans le cadre d’un accord précis et clair – on en est loin.
3) …Pour appliquer au moins une partie de notre programme et de nos convictions.
Je n’ai pas besoin de faire de la surenchère dans la volonté de rester isolé pour prouver ma fermeté de conviction, ni mon refus des compromissions. Mais tout compromis, passé dans l’intérêt du pays, n’est pas nécessairement une compromission. Il n’y a là rien que de très normal, honnête, correct, et je dirai même : évident. »
Jean
Qui sommes-nous? 6ème volet
Nous poursuivons l’ argumentaire qui fait suite au 6ème volet:
D’un point de vue stratégique, Bruno Gollnisch est aussi le candidat du rassemblement :
1) En France:
Seul Bruno Gollnisch, comme le fut Jean-Marie le Pen à l’époque de la création du FN, est actuellement en mesure de fédérer la nébuleuse nationale française, aujourd’hui constituée par les différentes chapelles ou associations qui gravitent et qui évoluent idéologiquement autour du Front National. Lui seul peut rassembler l’ensemble de la droite nationale sur une ligne doctrinale claire, sûre, sans rien sacrifier au politiquement correct.
Il existe sans doute quelques différences secondaires entre ces différentes chapelles : il reste que le Front, qui porte bien son nom, a toujours eu vocation à admettre ces divergences en son sein. Plus qu’un parti, qui n’a l’ambition de rassembler qu’une partie des français, le Front est un mouvement fédérateur capable de créer une dynamique, sur une base solide de valeurs non négociables, en suscitant l’enthousiasme et en emportant l’adhésion du plus grand nombre. Ces valeurs non négociables révèlent une commune structure de pensée à l’ensemble de la droite patriote, dont témoigne en l’occurrence notre attachement indéfectible à l’enracinement familial, national, moral et culturel.
C’est un fait en revanche que Marine n’est malheureusement pas en mesure de rassembler notre famille de pensée : tant d’évictions et de départs parmi les militants, les responsables et les cadres historiques du Front, depuis qu’elle s’y est imposée, ne peuvent en effet que susciter l’interrogation, éveiller la suspicion, inspirer l’inquiétude… Car un chef rassemble et ne divise pas.
Et il est vain de vouloir élargir notre électorat si l’on n’est pas assis sur un socle de principes qui constitue une base solide ; il est vain encore de vouloir élargir le cercle de notre électorat si l’on n’est pas capable, sur cette base, de réunir et de rassembler d’abord sa famille de pensée, si l’on n’est pas capable de fédérer sa propre famille politique. Car toute dynamique doit reposer sur un socle solide et stable. En revanche, tout édifice dont les fondations sont ébranlables et mouvantes menace de s’écrouler sur lui-même. C’est dans ce sens que Sebastien Derouen, sur son blog, répond à l’un de ses contradicteurs : « Par ailleurs, on ne peut pas couper les forces d’émancipation des forces d’enracinement. Je suis profondément persuadé que seul l’individu réenraciné, assumant sa filiation culturelle, s’inscrivant volontairement dans sa tradition, va demain être capable de résistance. Or, d’une certaine façon, ces réactionnaires que vous n’aimez pas sont un peu ce que l’on appelle au Japon des « trésors nationaux vivants », au sens où ils portent la flamme d’une tradition qui sans eux s’éteindrait et sans laquelle « France » ne serait plus qu’une plate désignation géographique. À vouloir émanciper le Front de ses liens peut-être un peu passéistes avec le passé, vous risquez beaucoup qu’en plus de n’être plus nationaliste, votre nationalisme ne soit pas social non plus. » A l’audience, nous ne voulons donc pas sacrifier la substance de notre idéal : mais nous préférons créer l’audience sur notre projet politique, en suscitant pour lui un intérêt auprès de l’électeur. Cette démarche est certes plus exigeante, mais elle est aussi plus honnête par rapport à nous-mêmes et par rapport à notre électorat.
2) A l’international:
Bruno Gollnisch a été choisi et désigné par les députés européens pour diriger l’Alliance Européenne des Mouvements Nationaux. Des députés européens patriotes, il est en effet définitivement reconnu comme chef de file et successeur de Jean-Marie le Pen. Mais cette reconnaissance excède le cercle proprement européen : elle a un retentissement international que conforte d’ailleurs son statut de vice-président exécutif chargé des relations internationales. C’est ainsi qu’il se rendra cet été au Japon pour participer à une conférence internationale des mouvements patriotiques.
Qui sommes-nous? 5ème volet
Nous poursuivons notre argumentaire, à la suite du 4ème volet:
Certains, dont l’épaisseur doctrinale est plus relative, préfèrent cependant, de bonne foi sans doute, déserter le terrain idéologique lorsqu’ils le pensent définitivement conquis par l’adversaire. Ce faisant, en ne les dénonçant pas, ils cautionnent tacitement certaines idées profondément contraires aux principes sous-jacents au projet politique du Front National. Car qui ne dit mot consent. Nous pensons au contraire qu’il faut reconquérir le terrain doctrinal, porter la contradiction à nos adversaires, introduire le doute dans les milieux gangrénés par le politiquement correct, déstabiliser l’ennemi, bousculer les idées convenues. Car nous croyons que les valeurs que nous portons sont profondément humaines : et qu’il nous est donc possible de les rendre accessibles en réveillant le sens commun des français, endormi par l’idéologie. C’est là toute la différence entre la démagogie et la diplomatie : le démagogue nivelle le discours et cherche à plaire à l’électorat, à flatter l’opinion. Il recherche ainsi le plus petit dénominateur commun en vue du plus grand nombre d’électeurs. Le diplomate au contraire fait venir son interlocuteur sur son terrain, il l’amène à penser comme lui à force d’arguments, de dialectique, de rhétorique, et de persuasion.
Car à force de ne pas exprimer ses idées, à force de les taire, on finit par les abandonner. A force de ne plus oser soutenir ce que l’on croit, on finit par ne plus le croire. Il y a là en effet une pente naturelle : l’expérience nous enseigne que toute modification du discours, en vue de diminuer ou d’atténuer l’expression de notre pensée politique, en vue d’estomper certains fondamentaux, a vocation, après s’être imposée dans l’opinion, à être intégrée dans le programme. Cette tentation de rejoindre l’idéologie dominante est souvent plus séduisante, car elle est bien commode…
Tout en tenant ferme sur le terrain des principes, la politique, qui est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire, nous engage il est vrai, dans la perspective d’un redressement graduel, à tolérer en l’état certains maux. C’est ainsi que le programme du Front, plutôt que d’exiger immédiatement l’abrogation de la loi Veil, propose de relancer une grande politique familiale et nataliste afin de rendre caduque la loi sur l’avortement, et de lui susciter dans le même temps des alternatives. Il reste que nous ne devons pas céder sur les principes en même temps que nous tolérons un mal, il reste que notre discours ne doit pas s’affadir en même temps que nous voulons améliorer la situation, au risque sinon de rendre inutile, en s’interdisant de la justifier, toute dynamique de redressement entreprise.
Nous refusons donc de céder aux chants des sirènes et de sacrifier notre idéal politique sur l’autel de la « communication ». Une telle démarche porte d’ailleurs en elle les germes de la contradiction. Car la communication, par définition, est subordonnée au projet dont elle doit assurer la promotion : elle consiste à rendre accessible notre idéal et à y rallier nos interlocuteurs. Non pas à l’abandonner par démagogie, ni à évoluer sur le terrain idéologique de l’adversaire et à reprendre son argumentation. Cette dernière attitude politique serait d’ailleurs révélatrice de notre incapacité à convaincre avec nos arguments et à gagner sur nos idées. Retourner l’argument de l’adversaire contre lui peut s’avérer, d’un point de vue dialectique, stratégiquement profitable, pourvu que l’on ne finisse pas par penser comme lui. Car c’est une chose de placer son adversaire face à ses propres contradictions, mais cela n’impose pas d’adopter son point de vue, ni de s’identifier à lui. Ainsi, mettre en avant la laïcité pour combattre l’islamisation de la France peut se retourner contre la défense de l’identité nationale, puisque ce concept républicain a été inventé par les francs-maçons, dans un horizon matérialiste qui niait l’existence tout ordre moral ou spirituel, afin de détruire l’identité chrétienne de la France. Nos adversaires peuvent aussi bien, à cette école, dénoncer la culture chrétienne de notre pays, ou encore le caractère ostentatoire de nos clochers et de nos calvaires. La meilleure défense contre l’islamisme, ne serait-ce pas finalement l’affirmation sereine de notre identité chrétienne ?
Qui sommes-nous? 4ème volet
Après le premier, le deuxième, puis le troisième volet, nous poursuivons notre argumentaire:
Aucune de ces conclusions, aucune de ces valeurs ne peut par ailleurs être isolée, marginalisée, ni négociée car elles s’inscrivent toutes dans une même structure de pensée et reposent ensemble sur une certaine vision de l’homme et de la société. Cette vision s’oppose, en dernier ressort, à la pensée libérale qui, finalement, établit l’homme dans un rapport de propriété :
- avec lui-même : « mon corps m’appartient »…l’individu est séparé de son corps et en est rendu propriétaire. Cette grave confusion entre le domaine de « l’être » et le domaine de « l’avoir » accompagne la transformation du corps en propriété privée, c’est-à-dire en marchandise. Dans cet horizon, toute dimension éthique a disparu.
- avec la famille : le mariage, qui était jusque là un don d’amour total et définitif sur lequel reposait la famille, l’équilibre des enfants et celui de la société, est absorbé, dans une perspective individualiste et consumériste qui fait fi de l’intérêt de l’enfant et du bien commun, par le modèle du contrat qui peut logiquement être dissous, ou bien faire l’objet de toutes les expérimentations. L’enfant devient finalement la propriété des parents: il n’est plus un don, il est un dû.
- avec la nation : qui s’identifie donc au marché, dans le ciel duquel toute dimension culturelle voire spirituelle disparaît évidemment.
La culture politique de Bruno Gollnisch correspond exactement à la ligne doctrinale dans laquelle s’inscrit la défense de ces principes fondamentaux de la vie politique: Bruno a en effet définitivement intégré dans son discours la promotion des valeurs traditionnelles et des institutions naturelles tant décriées par les apprentis sorciers de toutes obédiences. Sans remettre en cause les qualités indéniables de Marine le Pen, nous sommes néanmoins contraints de reconnaître qu’elle ne possède pas cette culture politique au même degré que Bruno Gollnisch. Ce qui, à défaut d’en faire une héritière qui s’ignore de l’idéologie dominante et de la pensée libérale, la rend du moins plus fragile et plus vulnérable dans la défense de nos idées, face aux assauts menaçants et répétés du politiquement correct. En revanche, la résistance de Bruno Gollnisch à toutes les expressions de la pensée unique, la constance de son combat face à l’hostilité pugnace de l’adversaire, le qualifie davantage, croyons-nous, en ces temps troublés et vides de repères, à la présidence du Front National.
Qui sommes-nous? 3ème volet
Après le premier et le deuxième volet, nous continuons à exposer les motifs de notre attachement à la candidature de Bruno Gollnisch:
A défaut cependant d’avoir reçu une formation solide, les hommes de notre temps sont bien souvent tributaires de l’idéologie dominante : la pensée libérale.
Dans le modèle sociétal issu de la pensée libérale ne subsiste que l’individu et l’Etat, la société reposant ainsi sur l’individu. Nous pensons, au contraire de ce modèle contractuel, que l’homme est un animal politique, et puisque l’on ne fait pas du social avec de l’individuel, nous pensons encore que la société ne repose pas sur le citoyen, mais sur la famille.
Nous dénonçons également une conception païenne de la nation. Nous reconnaissons en effet au deçà de la nation, que la pensée libérale veut réduire à une convention reposant sur la volonté des individus, l’existence de corps intermédiaires au premier rang desquels la famille, et au-delà, alors qu’avec l’émergence de la pensée libérale la politique s’est émancipée de toute métaphysique, l’existence de principes supérieurs.
Nous pensons encore que la patrie n’est pas une idée, ni un concept, et que l’on ne peut donc pas réduire son identité à des slogans abstraits, comme liberté, égalité ou fraternité. Car ce sont là des valeurs universelles auxquelles tous les pays peuvent souscrire. Alors qu’une identité est par définition particulière. La patrie en effet, on ne l’a pas dans la tête, on l’a sous les pieds ; elle n’est pas une idéologie, mais une réalité charnelle et tangible qui existe à travers ses paysages, sa culture, et son peuple. Mais aussi à travers son Histoire : la France n’est pas née en 1789. La citoyenneté n’est donc pas simplement une adhésion rationnelle à un projet politique, mais une appartenance filiale, dans tous les sens du terme, qui créé des devoirs civiques. Sans quoi, il nous faudrait accepter la Turquie en Europe pourvu qu’elle adhère aux droits de l’homme, et au mépris de toutes considérations historiques, géographiques ou culturelles.
Nous croyons encore, au contraire de la pensée libérale et matérialiste qui réduit l’homme à n’être qu’un producteur ou un consommateur, que l’homme est un sujet moral et qu’il possède une dimension spirituelle. Nous pensons par conséquent que l’économie doit rester subordonnée à la politique, que la nation n’est pas un sous produit de la propriété privée, ni un simple espace d’échange que les frontières viendraient entraver : récusant ainsi l’avènement d’une société marchande toute entière tournée vers la consommation, nous pensons que l’économie est pour l’homme et qu’elle doit contribuer à son bonheur, mais non pas que l’homme est pour l’économie. Sur cette base, nous restons résolument opposés au travail du dimanche qui, dans une perspective ultralibérale, ne peut être défendu qu’à recours d’arguments économiques, et cela au détriment de la structure du temps social, des besoins humains, familiaux et spirituels : car l’homme ne vit pas que de pain, et il a besoin de poser son sac.
Telles sont les conclusions qui s’imposent lorsque l’on interroge les implications ultimes du programme frontiste.
Qui sommes-nous? 2ème volet
Après le premier volet, nous continuons à décliner ce que nous sommes et les motifs de notre attachement à la candidature de Bruno Gollnisch:
Avec Bruno, nous voulons promouvoir ensemble les valeurs traditionnelles :
- La défense de la famille, socle sur lequel repose notre édifice social : évidemment fondée sur la complémentarité sexuelle et l’accueil de la vie, la famille apparaît comme la cellule de base de la société, assurant sa survie et l’inscrivant dans la pérennité. Elle est encore le cadre dans lequel sont transmis aux enfants les besoins affectifs, moraux, intellectuels et spirituels qui leurs sont nécessaires pour grandir. La loi, qui est ordonnée au bien commun, ne peut être détournée ni confisquée au profit d’intérêts catégoriels : elle a vocation a protégée la famille naturelle parce que le bien commun l’exige.
- La défense de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle : car la poursuite du bien commun repose sur le respect intangible de la vie humaine innocente. Par ailleurs, l’insuffisance de la natalité française est aujourd’hui compensée par une immigration extra-européenne : ainsi la banalisation du recours à l’avortement est un facteur qui génère sur notre sol une véritable substitution de population et un vrai génocide culturel. C’est l’histoire d’un peuple qui, en laissant mourir ses enfants dans le sein de leur mère, programme son propre suicide…
- La défense du pays réel, c’est-à-dire de la patrie, la terre des pères, qui suscite une affection légitime selon les exigences naturelles de la piété filiale. Réalité à taille humaine dans laquelle s’achève la famille, médiation nécessaire entre l’homme et le monde car elle est à la mesure de l’un et de l’autre, la nation, communauté naturelle d’appartenance, est le cadre le plus performant pour protéger les citoyens et les associer effectivement à la poursuite d’un bien commun qui les concerne directement. C’est au contraire en dépossédant l’homme de son appartenance naturelle à la patrie que le mondialisme le dépourvoit en même temps de toute protection face à la mondialisation.
- La défense de nos traditions, de notre culture et de notre civilisation, contre la colonisation rampante que nous subissons aujourd’hui en France sous la pression d’une immigration massive qui n’adopte pas nos codes culturels, ni ne se plie à nos usages, mais impose sur notre territoire ses propres modes de vie. La France n’est cependant pas un immense terrain vague où toutes les minorités pourraient venir camper à leur guise et revendiquer des intérêts catégoriels : la France, façonnée et pétrie par nos aïeux, est une communauté de destin qui s’enracine dans l’Histoire. Elle fait de nous des héritiers.
- Et à ce titre, notre combat commande la défense des valeurs chrétiennes qui ont profondément imprégné nos modes de vie, nos usages, nos mœurs et nos coutumes. Car c’est un fait que le christianisme a pénétré notre tissu social ainsi qu’en témoigne notre calendrier, ainsi que l’attestent les clochers qui montent vers le ciel ou encore les calvaires aux croisées des chemins qui crient la foi de tout un peuple.
