Bruno Gollnisch : « Je crois en ma victoire »

Bruno Gollnisch affronte Marine Le Pen dans la course à la présidence du FN, qui s’achèvera au congrès du Front national, les 15 et 16 janvier à Tours. 

Le Point.fr : Dans l’agenda du FN, il n’y en a que pour Marine Le Pen. Les jeux sont déjà faits ?

Bruno Gollnisch : Tout reste ouvert ! Je crois en ma victoire. Jean-Marie Le Pen me souhaite de faire un bon résultat au congrès de Tours. Mais je crois pouvoir faire un score légèrement supérieur à celui de Marine ! Je pense que le scrutin sera assez serré. Et si mes chances sont obérées par quelque chose, ce n’est pas par la décision de Jean-Marie Le Pen de soutenir Marine mais par l’attitude extrêmement partiale d’un certain nombre de médias. Ces derniers rapportent une compétition parfois jusqu’à omettre de mentionner l’existence de l’autre challenger ! Ma candidature est boycottée par certains médias français alors que plusieurs médias étrangers – suisse, russe, japonais etc. – s’y intéressent.

Selon vous, quels facteurs détermineront le résultat de l’élection ?

La présence médiatique de Marine Le Pen a dû provoquer quelque 2.000 adhésions avant le vote pour la présidence du FN. Ce n’est pas un raz-de-marée mais cela peut faire la différence. Cela dit, je ne suis pas en reste : ces derniers mois, j’ai parcouru 45.000 kilomètres en tenant entre une et trois réunions par jour devant des auditoires qui variaient entre 50 et 500 personnes.

À mon sens, les adhérents du FN vont se prononcer en faveur de cinq critères. Ils vont choisir le plus apte à : passer dans les médias, recueillir le plus grand nombre de suffrages lors des élections – notamment la présidentielle – conduire notre famille politique et en élargir l’audience, maintenir l’unité dans une formation qui a souffert de divisions et de scissions et, enfin, maintenir contre vents et tempête le cap des convictions dont nous sommes porteurs. Je pense avoir l’avantage sur Marine Le Pen sur les trois derniers points. 

Quel bilan tirez-vous de cette campagne interne ?

Elle a eu un léger effet négatif. Il est regrettable qu’il n’y ait eu que deux candidats à la présidence du FN. Il en aurait peut-être fallu trois ou quatre. Cette rivalité induit forcément des coalitions et des conflits. Mais il y a aussi un aspect très positif. Notre formation politique – qui ne reposait que sur Jean-Marie Le Pen, un personnage extraordinairement charismatique dont l’autorité était légitimement incontestée – a été capable d’organiser une compétition interne. Cela prouve que Jean-Marie Le Pen a réussi à créer un mouvement durable. 

Quel est votre état d’esprit à la veille du congrès ?

Ma zénitude atteint sa plénitude. J’ai la satisfaction du devoir accompli. Aujourd’hui, j’ai un sentiment d’intense bonheur moral alors que, lors de cette campagne, je me sentais parfois un peu isolé. Voir à l’échelon local et dans mon équipe de campagne une véritable affection pour ma personne m’a beaucoup touché. Si je ne suis pas élu, mon grand regret sera que la déception des militants sera plus forte que la mienne. Mais contrairement à ce que disait Jean-Marie Le Pen, j’ai la tchatche et j’ai la niaque ! Alors si je suis élu, tant mieux ! Mais si je ne le suis pas, je ne demanderai pas de lot de consolation à Marine. Je suis déjà conseiller régional et député européen, je n’ai pas besoin de hochet !

Propos recueillis par SÉGOLÈNE GROS DE LARQUIER dans Le Point.fr

Bruno Gollnisch interviewé sur la radio Russia Today

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Alexandre

Bruno Gollnisch à Nice-Matin : « L’UMP ne survivra pas à l’échec de Sarkozy »

Bruno Gollnisch était l’invité ce vendredi de la rédaction de Nice-Matin. Celui qui fait figure d’outsider pour prendre la relève de Jean-Marie Le Pen à la tête du Front National, croit toujours à une surprise face à Marine Le Pen. Il a répondu aux questions de nos journalistes. Extraits.

Si vous êtes élu président du FN serez-vous aussi candidat à la présidentielle?
Il y a une différence entre Marine Le Pen et moi sur ce point. Elle se dit déjà en campagne pour l’élection présidentielle. Je suis, pour l’instant, exclusivement candidat à la présidence du Front national. S’il s’avérait qu’elle a davantage de chances que moi pour 2012, je ne me sentirais pas humilié de soutenir sa candidature.

Elle rejette pourtant ce partage des tâches, vous à la présidence du parti, elle à la présidentielle…
J’irai alors, si je suis président du FN, dans la bataille de 2012 sans états d’âme. Je crois que je ne dépareillerai pas dans le panel de candidats qui s’annonce aujourd’hui.

Marine Le Pen récuse des alliances avec les partis traditionnels. Partagez-vous ce point de vue?
Cette position me paraît excessive. Cela me paraît être une surenchère, peut-être pour se démarquer des insinuations qui ont été faites à son sujet. On ne peut pas parler ainsi à l’avance.

En 2012, un accord de second tour est-il envisageable avec l’UMP?
À la présidentielle cela me paraît impossible. Je n’attends rien de l’état-major de l’UMP. La question des alliances suppose que vous ayez un partenaire fiable acceptant de mettre en œuvre au moins une part de votre programme. Après 2012, en revanche, je pense que nous pourrons former un groupe où viendront nous rejoindre les débris de l’UMP, ce conglomérat hétéroclite qui ne survivra pas à l’échec programmé de Nicolas Sarkozy. En revanche, s’il y a des élus locaux ou des blocs qui se détachent de ces formations et souhaitent s’entendre avec nous, pourquoi nous en priverions-nous si cela nous permet d’accéder aux commandes?

Vous voulez transformer l’essai de 1998, ces présidents de Région de droite élus grâce aux voix du FN…
L’opération, dont j’ai été le principal artisan en plein accord avec Jean-Marie Le Pen, a été à deux doigts de réussir. Les états-majors ont resserré les boulons, Jacques Chirac est intervenu publiquement. Si Nicolas Sarkozy échoue, il ne sera plus en mesure d’y faire échec.

Si vous êtes candidat en 2012 quelles seront les grandes lignes de votre programme?
Il faut revenir sur la libre circulation des marchandises, en rétablissant des taxes douanières, face à la concurrence déloyale de pays qui font travailler leur population dans des conditions de quasi-esclavage, ce qui contraint aux délocalisations et crée des faillites. Même remise en cause de la libre circulation des capitaux à cause de laquelle une crise limitée comme celle des subprime a failli créer une banqueroute généralisée en Europe. Il faut enfin encadrer la libre circulation des personnes, synonyme de submersion migratoire.

Êtes-vous toujours favorable à la préférence nationale?
Oui, c’est d’ailleurs la meilleure façon d’arrêter sans violence le flux continu de l’immigration.

Le « oui » des Suisses à l’expulsion des étrangers délinquants : un exemple à suivre?
À double titre. Parce que je suis favorable au référendum d’initiative populaire et parce que je défends l’expulsion des étrangers perturbant gravement l’ordre public. Cela permettra de vider le tiers de nos prisons. En appliquant la déchéance de la nationalité française à l’égard des doubles nationaux naturalisés de fraîche date commettant des crimes ou des délits, on en videra les deux tiers. Ce qui fera de la place pour les voyous bien de chez nous!

Bruno Gollnisch : «La dédiabolisation résulte naturellement du fait que les Français prendront conscience que nous posons les bonnes questions»

Et si Bruno Gollnisch emportait la présidence du FN ?

Les adhérents du Front National vont bientôt devoir élire un nouveau président. Quelle sera l’avenir de la formation qui avait amené son candidat au second tour de l’élection présidentielle de 2002 ? Que l’on partage ou non les idées du Front National, il faut bien reconnaître que ce parti a le vent en poupe. Les adhérents, ainsi que ceux qui prendront leur carte avant la fin du mois de novembre, pourront voter afin de désigner leur futur président. Bruno Gollnisch, vice président du FN et député européen, était l’invité de Yannick Urrien sur Kernews jeudi 18 novembre 2010 dans le magazine de 8h10.

Bruno Gollnisch reconnaît que cette campagne interne doit se faire proprement : «C’est certain, il y a des frictions qui naissent inéluctablement de la dynamique propre à ce genre de compétition, mais je crois que Marine Le Pen et moi-même sommes très conscients qu’il y a beaucoup plus de choses qui nous réunissent, que de choses qui nous séparent. Et nous n’avons pas l’intention de faire des trous dans la coque du bateau de notre concurrent, parce que c’est aussi notre bateau à nous, et si l’on faisait des trous, on se noierait tous… Donc, en dépit de ces petites difficultés, si nous pouvons mener à bien cette étape, nous aurons réussi à faire la preuve que le Front National aura su créer une structure apte à lui survivre et à sécréter, par ses institutions, de nouveaux dirigeants. Cette preuve de maturité sera extrêmement positive pour les Français».

Dans cet entretien, Bruno Gollnisch évoque évidemment ses propositions. D’abord, il est convaincu que la dédiabolisation interviendra naturellement : «Après les manifestations contre les retraites, j’ai revu un certain nombre de braves Lyonnais, la bourgeoisie lyonnaise que je connais, celle qui me disait il y a quelques années : «Vous n’avez pas tort, mais je ne sais pas pourquoi vous me faites un peu peur…» Maintenant, ils ont d’autres motifs de crainte et ils se rendent compte que nous avons raison. Mais il faut encore persuader beaucoup de Français que nous posons les bonnes questions, comme Fabius l’a reconnu, et que nous apportons des réponses concrètes et cohérentes. Par exemple, la sécurité est un problème considérable qui doit être appréhendé de façon ferme par des mesures énergiques, pas dictatoriales, et cela ne se résoudra pas par quelques effets de manche comme le déplacement des camps de Roms ou la déchéance de la nationalité des doubles nationaux qui auront tué un policier ou un gendarme… Étant entendu que s’ils leur ont seulement cassé les jambes ou crevé les yeux, ils restent d’excellents Français…»

Suppression de l’impôt sur les revenus du travail

Sur le plan économique, Bruno Gollnisch se prononce pour la suppression de l’impôt sur les revenus du travail : «Je ne suis pas un démagogue et l’État a besoin d’argent pour payer les fonctionnaires et les investissements qu’il ne fait plus. Il faut taxer les importations qui nous viennent de pays qui sous-payent les ouvriers et qui font une concurrence déloyale aux nôtres. Il faut rétablir les droits de douane. C’est vrai, le tee-shirt importé de Chine, au lieu de coûter 3 euros, coûtera 15 ou 20 euros. Eh bien, on achètera le tee-shirt français et la mère de famille aura au moins, si son mari est dans l’entreprise textile, le bonheur de savoir qu’il n’est pas au chômage». Clairement, il se prononce pour la TVA sociale : «Je suis pour la taxation des importations et je suis pour la taxation des transactions financières spéculatives. En revanche, je suis pour la détaxation complète des revenus du travail. C’est une vraie réforme fiscale. À travers ces mesures, vous divisez par dix le volume du Code général des impôts qui ne cesse d’augmenter. À travers cela, vous redonnez confiance aux Français et vous redonnez de l’énergie à ceux qui travaillent, à ceux qui triment et à ceux qui risquent leur fric».

Kernews (cliquez pour écouter l’émission)

Evénement Front National : Posez vos questions à Bruno Gollnisch et Marine Le Pen, candidats à la Présidence du FN !

Candidats à la Présidence du FN, Bruno GOLLNISCH et Marine LE PEN répondront à vos questions lors d’un rendez-vous de 20mn chacun sur le site du Front National.
Posez vos questions du lundi 08/11 à midi au jeudi 11/11 à midi en écrivant à l’adresse : tchat@frontnational.com

Nous comptons sur vous !

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Gollnisch : «Plus résistant au politiquement correct»

Le vice-président du Front national, Bruno Gollnisch, était hier à Serres-Castet dans le cadre de sa campagne pour la succession de Jean-Marie Le Pen à la tête du parti d’extrême droite.

Qu’est-ce qui vous différencie de Marine Le Pen ?

Bruno Gollnisch : Je crois être plus ouvert sur le monde extérieur. J’ai la confiance de nombreux mouvements patriotiques en Europe. Je suis sensible à la défense des identités régionales, composante de l’identité nationale. Je suis sans doute plus résistant face à la pensée dominante, au politiquement correct.

Comprenez-vous les inquiétudes des Français sur la réforme des retraites ?

Oui. Je comprends surtout qu’ils estiment que c’est toujours aux mêmes que l’on demande des sacrifices.

Nicolas Sarkozy ne serait-il pas le meilleur candidat du FN pour 2012 ?

Sa politique sécuritaire n’a pas d’autre effet qu’un affichage purement médiatique. Beaucoup d’électeurs du FN ont été cocus en 2007. Je ne pense pas qu’ils souhaitent l’être à nouveau en 2012.

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Interview de Jacques Colombier : « Bruno Gollnisch a de fortes chances d’être élu prochain président du Front National »

Jacques Colombier est le secrétaire départemental et régional du Front national. Il est aussi un des plus fervents soutiens de Bruno Gollnisch dans le cadre de la campagne interne au Front national visant à la succession de Jean-Marie Le Pen. Celui-ci a accepté de répondre aux questions d’Infos-Bordeaux afin donner son analyse de cette compétition

Infos-Bordeaux : Pouvez-vous nous donner des nouvelles de votre fédération ? Quels sont les projets pour l’année 2011 ? Présenterez-vous des candidats dans tous les cantons renouvelables ?

Jacques Colombier : La Fédération Front national de la Gironde se porte bien, nous avons  de plus en plus  d’adhérents. Ceci est lié d’une part  au désaveu massif des français totalement trompés par la politique de Sarkozy et attirés par les propositions de bon sens du FN, et d’autre part du fait de la campagne interne pour la succession de Jean Marie Le Pen  où seuls les adhérents à jour de cotisation pourront voter.
Pour 2011 nous avons en ligne de mire les élections cantonales où nous  présenterons des candidats dans tous les cantons renouvelables. Les résultats des élections régionales dans un certain nombre sont très encourageants.

Concernant la campagne interne au Front national, quels sont les rapports de force sur la fédération de Gironde ? 

Bien que je soutienne clairement la candidature de Bruno Gollnisch et participe à sa campagne, les adhérents du FN sont libres de leur choix. La guerre n’est nullement allumée au sein de la fédération bien heureusement ! 
L’affluence énorme lors du passage de Bruno Gollnisch en Gironde le 3 octobre, témoigne à l’évidence d’un large soutien à sa candidature.

D’une manière générale, on parle d’une vague d’adhésion au Front national. Confirmez-vous cette vague également en Aquitaine ?

Oui tout à fait, tant en terme de renouvellements que de nouvelles adhésions. 

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Bruno Gollnisch : « J’aspire à redonner vie à l’identité française, par une grande politique familiale et d’accueil de la vie, afin de résorber notre déficit démographique »

Ce lundi 25 octobre, Bruno Gollnisch était l’invité du « Chat » lecteurs Le Monde :

Esteban : Alors, avez-vous déjà perdu?

Bruno Gollnisch : Je ne crois pas. Les chances me paraissent partagées : 50/50. Certes, je cumule certains handicaps. Plusieurs de ceux qui, sans doute, m’auraient soutenu, sont partis. J’ai perdu certainement de l’influence sur l’appareil central du mouvement. Mais je dispose encore de la confiance de très nombreux membres, ainsi que plusieurs journalistes qui suivent ma campagne interne s’en sont rendu compte. Leur jugement sur mes chances de remporter cette échéance a d’ailleurs évolué depuis.

Véronique : Comment peut-on s’attendre à ce qu’un parti comme le FN organise une compétition démocratique ? N’est ce pas un non-sens ?

Et pourquoi serait-ce un non-sens ? Au contraire, je pense que ce sera une preuve de maturité de cet appareil, très tributaire jusqu’ici, c’est vrai, de la personnalité charismatique de Jean-Marie Le Pen.

Mais d’une certaine façon, et quelle que soit l’issue de cette compétition, ce sera un hommage rendu à son action que de prouver qu’il a été en mesure de créer un appareil capable de survivre à sa personne et à son action.

Cienfuegos : Comment vous expliqueriez vos différences politiques avec Marine Le Pen ?

Je suis franchement embarrassé pour répondre à cette question, dans la mesure où l’ascension médiatique de Marine s’est faite sur le thème de la « modernisation », de la « dédiabolisation », voire de la « déringardisation ». Après plusieurs années, je ne sais toujours pas avec précision en quoi tout cela consiste.

En ce qui me concerne, je crois être tout à fait moderne, mais je pense fortement qu’il n’y a de modernité viable qu’enracinée dans la tradition.

Mes positions sont connues. Je les ai récemment rappelées dans une déclaration à Saint-Denis. J’aspire à redonner vie à l’identité française, par une grande politique familiale et d’accueil de la vie, afin de résorber notre déficit démographique.

Je veux affranchir la culture française, ainsi d’ailleurs que notre politique étrangère, de la domination du monde anglo-saxon.

Je veux une protection raisonnable de notre économie à l’égard des pratiques de dumping social qui la ruinent, ainsi qu’une libération des énergies à l’intérieur par une réduction drastique du nombre de niveaux d’administration, des contraintes bureaucratiques, des prélèvements fiscaux, etc.

Doudou : Que pensez-vous des déclarations de Jérôme Bourbon, un de vos plus fervents soutiens et rédacteur de Rivarol, qui estime que Marine Le Pen est entourée de « juifs patentés » et d’ »invertis notoires » ? Un tel soutien peut-il vraiment apporter de la crédibilité au FN ?

Je réprouve tout propos injurieux. Je n’ai pas sollicité M. Bourbon, ni même eu de contacts récents avec lui. Je réponds entièrement de ce qui est publié sur mon site Internet. Je ne réponds pas de tous les propos de ceux qui me soutiennent ou qui disent me soutenir ; il y aurait trop à faire.

Leurs propos les engagent dans la responsabilité personnelle qui est la leur.

Reversus : Est-ce qu’il y a des points communs entre la période que vous traversez actuellement et celle de 1998 qui a conduit à l’exclusion de Bruno Mégret ?

Il existe, c’est vrai, une certaine tension, qui n’est pas toujours facile à vivre dans un mouvement où l’amitié devrait prévaloir, compte tenu de l’hostilité que nous rencontrons tous de la part des tenants du système en place.

En revanche, il n’y a pas de situation comparable à celle de 1998, qui fut une tentative d’OPA frauduleuse sur le Front national et d’éviction de sa direction légitime.

Ma candidature s’inscrit dans un cadre parfaitement régulier, et d’ailleurs considéré comme tel par l’ensemble des protagonistes du débat actuel.

Les tensions qui naissent inéluctablement de la dynamique de groupe inhérente à ce genre de compétition ne sauraient par conséquent dégénérer d’une façon comparable à ce qui s’est produit.

Laurent : Y a-t-il un risque de scission au FN ?

Non. Il y a une compétition ; il peut y avoir des frictions ; celles-ci devront disparaître au lendemain de l’élection, et chacun devra faire bloc autour du nouveau président ou de la nouvelle présidente.

Si je suis élu, j’exigerai naturellement que chacun se soumette à la volonté librement exprimée par nos membres. Si je ne suis pas élu, je m’inclinerai devant cette même volonté. Et ce, sans réserve.

Reversus : Un conseiller de l’Elysée affirmait au Parisien que Marine Le Pen serait au gouvernement dans dix ans. Ce scénario est-il plausible selon vous ?

Ce conseiller me paraît avoir des dons tout à fait exceptionnels ! Qui peut prévoir ce qui se passera dans dix ans ?

Ce que je pense, personnellement, c’est que l’UMP ne survivra pas à l’échec programmé de Nicolas Sarkozy. Elle explosera. A partir de là, y aura-t-il une frange sincèrement désireuse de s’entendre avec la droite nationale, et de réaliser au moins une part substantielle de son programme ? Si c’était vraiment le cas, je ne vois pas pourquoi, dans le bien du pays, on s’interdirait tout accord.

Dans le cas contraire, qui a prévalu jusqu’à présent, nous devrons rester fermes sur nos positions, n’accepter aucun compromis de nature purement électoraliste, et faire grandir notre mouvance, de la droite sociale à la gauche patriotique, de telle sorte qu’elle arrive en tête du premier tour d’élections au suffrage majoritaire. Ce n’est pas du tout impossible.

Jérôme : Seriez-vous prêt à reconnaître publiquement que les chambres à gaz ne sont pas un détail de l’histoire, contrairement à Monsieur Le Pen?

Il s’est expliqué cent fois sur ce sujet, apparemment en pure perte. Il en a été de même en ce qui me concerne ; je ne souhaite donc pas revenir sur ce sujet, dont l’expérience a montré qu’il servait surtout à tenter de polémiquer inutilement et non pas à débattre sereinement de l’histoire contemporaine.

Propos modérés par Caroline Monnot

Bruno Gollnisch : interview sans concession

Nouvelles de France, à qui nous avons fait rencontrer tout récemment Bruno Gollnisch, publie aujourd’hui l’interview que le Vice-Président du Front National lui a accordée :

Plusieurs de vos proches sont passés samedi dernier devant la commission de discipline du Front national, qu’en pensez-vous ?

Bruno Gollnisch : Le grief qui leur est fait est d’avoir protesté publiquement contre l’éviction de jeunes soutenant ma candidature au sein du FNJ. Je trouve qu’il est difficile de juger leurs réactions sans avoir auparavant apprécié la véracité de leurs dires. Il me paraît souhaitable que leurs accusateurs comparaissent en même temps qu’eux devant cette commission qui est aussi une instance de conciliation [NDLR : selon nos informations, ils n’ont pas comparu].

On constate que l’ambiance est de plus en plus tendue au sein de votre formation politique. Les piques fusent. L’hebdomadaire Minute a dévoilé un organigramme prévoyant une direction « mariniste de l’appareil »…

L’organigramme n’est pas une pique, c’est un fait. Je déplore que les relations paraissent se tendre. Ces problèmes sont des frictions inhérentes à toutes compétitions de ce type, les dynamiques de groupe jouent dans ce sens. Peut-être aussi commence-t-on à percevoir que ma candidature n’est pas celle d’un outsider marginal mais qu’elle a de sérieuses chances de succès. En tout état de cause, on peut compter sur ma « force tranquille » [NDLR : Bruno Gollnisch sourit] pour contribuer à calmer le jeu dans l’intérêt de l’unité de notre mouvement. S’il y en a qui jouent les incendiaires, je serai un excellent pompier.

Marine Le Pen refuse la réintégration de personnes parties récemment du Front national. Vous même, accepteriez-vous à la fois les marinistes et les anciens frontistes ?

J’ai pris et maintiens une position de principe en faveur d’une réconciliation dont Jean-Marie Le Pen a donné l’exemple en recevant Bruno Mégret à Saint Cloud en 2007. Marine Le Pen, dont beaucoup de collaborateurs sont d’anciens mégrétistes de haut niveau, au retour desquels je n’ai pas fait obstacle, ne sauraient m’en faire grief. Il est bien évident d’autre part que si je souhaite le retour de ceux qui sont partis, ce n’est pas pour faire partir ceux qui sont restés. Je suis effaré que l’on puisse insinuer le contraire.

On parle partout d’un « effet Marine » bien que l’on constate que ses scores sont assez proches de ceux que réalisaient Carl Lang au même endroit…

En tout état de cause, personnellement j’aurais trouvé plus naturel que Marine Le Pen défende son siège en Ile-de-France où sa notoriété aurait certainement permis de franchir la barre des 10%.

On dit que certaines différences doctrinales apparaissent entre Marine Le Pen et vous. Par exemple sur la laïcité, sur l’avortement, les valeurs républicaines…

Pour pouvoir apprécier ces différences, il faudrait que Marine précise ses positions. En ce qui me concerne, les choses sont claires: L’identité de la France ne se réduit pas à sa devise républicaine. Elle inclut aussi la richesse et la diversité du patrimoine de nos provinces.

S’agissant de la loi Veil, elle a amplement fait la preuve de son échec, elle doit donc être remplacée.

La laïcité bien comprise n’est qu’une forme de tolérance, dans une société qui n’est plus homogène sur le plan spirituel, par laquelle l’Etat s’abstient d’intervenir en matière religieuse pour éviter des affrontements dans la société civile. Elle ne fournit pas de raison de vivre, elle n’est pas en soi une « valeur ». Elle est la juste distinction du spirituel et du temporel : ni une confusion, ni une séparation absolue.

Marine Le Pen a plusieurs fois répété que la laïcité consistait à confiner la religion à la sphère privée, êtes-vous d’accord ?

Non, la religion n’est pas qu’une affaire d’ordre privé.

Bruno Gollnisch sur LCI (citations et vidéo)

Bruno Gollnisch était ce matin l’invité de Christophe Barbier sur LCI :

Sur les questions sociétales :

« Je préfèrerais qu’il [Nicolas Sarkozy] respecte ce que l’on appelle le droit naturel, qui est commun à toutes les philosophies et aux grandes religions révélées. Par exemple, qu’il lance un programme en faveur de l’accueil de la vie et des enfants à naître. Par exemple, qu’il lance un programme en faveur de la famille, la famille selon moi la plus évidente, c’est-à-dire composée d’un papa et d’une maman« .

Sur les retraites :

« Les mères de famille ont en réalité un double travail et cela doit être socialement reconnu ».

Sur les impôts :

« Je suis pour la suppression du bouclier fiscal, pour la suppression de l’ISF. (…) L’ISF est un impôt imbécile qui coûte à la France plus qu’il ne lui rapporte ».

Sur la campagne interne :

« Marine a des qualités indiscutables. Je crois en avoir davantage qu’elle pour diriger la famille nationale et pour l’élargir« .

« J’ai déploré les départs du Front National, quels qu’aient été par ailleurs les frictions, les amertumes et les désaccords, parce que je crois très fermement qu’il n’y a place que pour une grande formation, et une seule, apte à défendre l’identité française, pour sortir la France des ornières de la décadence dans laquelle elle se trouve. Par conséquent, je suis pour le retour de ces gens là « .

Jean